Votre opinion est dangereuse
Aigle -  2010-02-14 18:56:22

Votre opinion est dangereuse

L'affaire a souvent été débattue mais je voudrais souligner que votre position est dangereuse : si le concile est mauvais et si le pape est dans l'erreur, alors il n'y a plus d'Eglise Catholique, apostolique ET ROMAINE. Si vous soutenez qu'un concile quasi-unanime et 3 papes sont dans la rupture avec la Tradition c'est-à-dire dans l'erreur, vous risquez de vous trouver vous-même dans l'hérésie - car il est hérétique de professer l'hérésie du pape et de la quasi-totalité des évêques. Votre pointe de vue est plus ou moins celui des Orthodoxes (ou des sédévacs) - pas celui de Catholiques. Les défenseurs de la "rupture" pensent qu'à Trente puis à Vatican I, l'Eglise s'est trompée et que Vatican II a réparé ces erreurs ... pour eux l'Eglise est une structure humaine qui peut changer de programme au gré des circonstances (un peu comme un parti politique). Pour les Catholiques authentiques, l'Eglise peut compléter et approfondir sa foi (toujours "in eodem sensu") mais non pas en changer. Dire qu'à Vatican II , il y a eu des changements sur des points définitifs de la doctrine c'est ruiner le caractère intangible du dépôt de la Foi. Il FAUT donc - soit expliquer que les points qui ont fait l'objet de changements n'étaient pas irréformables (l'enseignement sur la liberté politique et religieuse par exemple pourrait être présenté comme contingent car il a évolué au cours des siècles faisant alterner périodes de rigueur et périodes de tolérance) - soit expliquer que les changements qui auraient selon certaines lectures toucher des points fondamentaux (comme l'unicité de l'Eglise du Christ) ont en fait été mal compris par les commentateurs et doivent faire l'objet d'une relecture à la lumière de la Tradition. Je souligne que le point de vue de certains participants très engagés (comme le P Congar) est peu recevable car tout à fait partial et visant à comprendre le concile (2500 évêques !) à travers la pensée d'un théologien particulier et peu représentatif de la majorité des pères.