Je crois comprendre ce que vous ressentez...
Vianney -  2010-02-13 18:06:43

Je crois comprendre ce que vous ressentez...

...chère Balbula, nous sommes plongés dans une crise assez éprouvante, telle que peut-être l’Eglise n’en a jamais connue. Mais croyez-moi, des points de repère sont à notre portée : les catéchismes et les enseignements pontificaux d’avant la crise, les vies de saints (dont nous avons un aperçu quotidien grâce à Castille !) et à travers eux, l’histoire de l’Eglise. Et puis, comme on l’a écrit ici il y a quelques jours, Dieu ferait descendre un ange sur terre pour sauver une seule âme de bonne volonté ! Le malheur, c’est que nous sommes facilement tentés de confondre la vraie espérance surnaturelle avec un optimisme sans fondement. En fait, la situation est probablement à la fois pire et bien meilleure que ce que nous pouvons imaginer. Pire, parce que nous n’avons qu’une idée incomplète de la puissance des ennemis de l’Eglise. Mais en même temps bien meilleure, parce que, comme dans toutes les crises qui nous ont précédés, le jour où Dieu voudra mettre fin à l’épreuve, ses ennemis seront anéantis en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Chesterton écrivait à propos de la crise arienne :

L’arianisme avait toute apparence humaine d’être la forme naturelle sous laquelle on pouvait prévoir la disparition progressive de la superstition constantinienne. La foi était devenue une chose respectable, puis une chose rituelle. Elle s’était ensuite transformée en une chose rationnelle : et les rationalistes étaient prêts à en effacer les derniers vestiges, tout à fait comme à présent. Lorsque le christianisme reparut soudain et les renversa, ce fut presque aussi inattendu que l’apparition du Christ ressuscité des morts.

J’ai vérifié le bien-fondé de cette description de Chesterton en lisant une vie de saint Basile. De son vivant, celui-ci avait connu plus d’échecs que de réussites. A peine était-il décédé que l’empire romain passait aux mains d’empereurs vraiment catholiques, et qu’en peu de temps, les ariens étaient chassés de toutes les églises et les catholiques retrouvaient l’unité. V.