Dom Guéranger : “Il y a une grâce attachée à la confession pleine et entière de la foi”
Vianney -  2010-02-11 14:26:28

Dom Guéranger : “Il y a une grâce attachée à la confession pleine et entière de la foi”

Aujourd’hui plus que jamais, qu’on le comprenne bien, la société a besoin de doctrines fortes et conséquentes avec elles-mêmes. Au milieu de la dissolution générale des idées, l’assertion seule, une assertion ferme, nourrie, sans alliage, pourra se faire accepter. Les transactions deviennent de plus en plus stériles, et chacune d’elles emporte un lambeau de la vérité. Comme aux premiers jours du christianisme, il est nécessaire que les chrétiens frappent tous les regards par l’unité de leurs principes et de leurs jugements. Ils n’ont rien à emprunter à ce chaos de négations et d’essais de tout genre qui atteste si haut l’impuissance de la société présente. Elle ne vit plus, cette société, que de quelques rares débris de l’ancienne civilisation chrétienne que les révolutions n’ont pas encore emportés et que la miséricorde de Dieu a préservés jusqu’ici du naufrage. Montrez- vous donc à elle tels que vous êtes au fond, catholiques convaincus. Elle aura peur de vous peut-être quelque temps ; mais, soyez-en sûrs, elle vous reviendra. Si vous la flattez en parlant son langage, vous l’amuserez un instant, puis elle vous oubliera ; car vous ne lui aurez pas fait une impression sérieuse. Elle se sera reconnue en vous plus ou moins, et comme elle a peu de confiance en elle-même, elle n’en aura pas en vous davantage. Il y a une grâce attachée à la confession pleine et entière de la foi. Cette confession, nous dit l’Apôtre, est le salut de ceux qui la font, et l’expérience démontre qu’elle est aussi le salut de ceux qui l’entendent. Soyons catholiques, et rien autre chose que catholiques, ni philosophes, ni rêveurs d’utopies, et nous serons ce levain dont le Sauveur dit qu’il fait fermenter toute la pâte. Je le répète, il en fut ainsi au commencement. Si la société a une chance de salut, elle est dans l’attitude de plus en plus résolue des chrétiens. Que l’on sache que nous ne transigeons sur rien, que nous dédaignons de répéter le jargon des philosophes. C’est une vérité de fait que le christianisme s’impose, non par la violence, mais par l’ascendant de la conviction de celui qui le prêche.
Dom Guéranger, Jésus-Christ roi de l’histoire, A.S.J. 2005, p. 60-61.