Du salut des croyants non chrétiens, par exception, à leur salut, par principe.
Scrutator Sapientiæ - 2010-02-07 23:28:07
Du salut des croyants non chrétiens, par exception, à leur salut, par principe.
Bonsoir,
Sinon au dedans et au moment, du moins au contact et à la suite du Concile, beaucoup sont passés, dans l'Eglise, de la vision selon laquelle le salut des croyants non chrétiens relève de l'exception, à celle selon laquelle il relève désormais du principe.
C'est cela, entre autres choses, que Jean-Paul II et le futur Benoît XVI ont entendu dénoncer et combattre, dans Dominus Iesus, il y aura bientôt dix ans, "avec le succès que l'on sait".
Tout le monde sait quelle est la clef du Concile : c'est GS 22 ; à partir du moment où l'on fait entendre que "par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est, en quelque sorte, uni Lui-même à tout homme", on prend cette clef, non pour ouvrir la porte qui conduit à la conversion du monde, mais pour ouvrir celle qui conduit à la conversion au monde, à l'esprit du monde, à l'esprit "humaniste, implicitement et indirectement chrétien" que l'on attribue au monde moderne, depuis le début des années 1960.
Presque plus personne n'est dupe, mais presque personne n'ose dénoncer, d'une manière explicite et spécifique, cette véritable imposture théologique, qui fait oublier que l'Incarnation n'est pas un principe abstrait, désincarné, universel, mais une réalité concrète, bien incarnée, et personnelle.
Or, ce n'est pas parce que Dieu, en Son Fils Jésus-Christ, s'est fait le Tout Proche, qu'il a cessé pour autant, et d'un seul coup, d'être le Tout Autre.
A partir du moment où l'on croit, fait croire, ou laisse croire le contraire, on est mûr pour contribuer à la transformation du christianisme en une gigantesque religion de l'humanité, en une religion sans transcendance, sans distinction entre la nature et la grâce, dans laquelle on est pécheur
- non avant tout parce que l'on transgresse la foi en Dieu ou la loi de Dieu,
- mais avant tout parce que l'on ne respecte pas, ou pas assez, ou pas du tout, les Droits de l'Homme sans Dieu.
Et cela, presque tout le monde peut le comprendre sans difficultés.
Bonne réception, bonne lecture, bonne semaine dans le Christ.
J'ai beaucoup aimé votre métaphore, à la fois ferroviaire et incendiaire : oui, le TGV roule, à toute allure, en direction du heurtoir, et le feu se propage, d'une voiture à l'autre, au fur et à mesure...
Scrutator Sapientiae.