Vianney - 2010-02-07 18:19:23
Plus précisément...
...pour être catholique, il faut, suivant la formule de nos bons vieux catéchismes :
– avoir la foi, c’est-à-dire “croire en toutes les vérités que Dieu a révélées et que la sainte Eglise nous propose à croire” ;
– “obéir aux pasteurs légitimes de l’Eglise”.
Le deuxième point n’exclut pas que ces pasteurs nous demandent d’obéir en des domaines qui ne sont pas de leur ressort, auquel cas nous pouvons passer outre (et même nous devons le faire si obéir nous exposait à pécher).
Ni le premier ni le deuxième point n’écartent l’hypothèse de défaillances de ces pasteurs, auquel cas les recommandations de l’Année Liturgique de Dom Guéranger sont d’application en ce qui concerne les simples fidèles.
Il n’est en effet pas exclu :
1) que certains membres de l’Eglise, y compris le pape, soient négligents dans la défense de la foi : cas du pape Honorius, excommunié pour ce motif par l’Eglise après sa mort ;
2) que le pape perde la foi : le décret de Gratien (qui est un peu l’ancêtre du droit canon) rappelle “le premier siège n’est jugé par personne sauf s’il dévie de la foi” ;
3) que l’intéressé ait perdu la foi avant même d’avoir été élu pape.
Le deuxième cas est contesté par bon nombre de théologiens, qui le ramènent au troisième : selon eux, s’il apparaît que celui que l’on prenait pour un pape vient à dévier de la foi, c’est qu’il n’a jamais été pape, car il avait déjà perdu la foi avant son élection.
Mais l’éventualité de ce troisième cas est pour sa part d’autant plus incontestable que des papes ont légiféré à son sujet : entre autres, Paul IV (bulle Cum ex Apostolatus) et saint Pie V (dont la bulle Inter multiplices curas confirme celle de Paul IV). Le fait que cette législation n’ait pas été reprise dans le droit canon de 1917 ne permet pas pour autant de douter de son orthodoxie (elle est d’ailleurs mentionnée dans les fontes du CIC de 1917) : si de bons (et saints) papes ont envisagé ce cas extrême, c’est qu’il n’est pas exclu du point de vue de la foi catholique, et par conséquent pas du tout contraire aux promesses de Notre-Seigneur.
V.