... et celle de Ste Téhrèse de l'Enfant Jésus
XA -  2009-11-20 16:57:05

... et celle de Ste Téhrèse de l'Enfant Jésus

J'étais encore bien petite quand ma tante me donna à lire une histoire qui m'étonna beaucoup. Je vis, en effet, qu'on louait une maîtresse de pension, parce qu'elle savait adroitement se tirer d'affaire, sans blesser personne. Je remarquai surtout cette phrase : « Elle disait à celle-ci : Vous n'avez pas tort ; à celle-là : Vous avez raison. » Et je pensais en moi-même : Ce n'est pas bien cela ! Cette maîtresse-là, elle aurait dû ne rien craindre et dire à ses petites filles qu'elles avaient tort quand c'était vrai. Et maintenant je n'ai pas changé d'avis. J'ai bien plus de misère, je l'avoue, car c'est toujours si facile de mettre le tort sur les absents, et cela calme aussitôt celle qui se plaint. Oui, mais... c'est tout le contraire que je fais. Si je ne suis pas aimée, tant pis ! Moi je dis la vérité tout entière, qu'on ne vienne pas me trouver, si l'on ne veut pas la savoir. Il ne faut pas que la bonté dégénère en faiblesse. Quand on a grondé avec justice il faut en rester là, sans se laisser attendrir au point de se tourmenter d'avoir fait de la peine, de voir souffrir et pleurer. Courir après l'affligée pour la consoler, c'est lui faire plus de mal que de bien. La laisser à elle-même, c'est la forcer de recourir au bon Dieu pour voir ses torts et s'humilier. Autrement, habituée qu'elle serait à recevoir de la consolation après une gronderie méritée, elle agirait toujours, dans les mêmes circonstances, comme une enfant gâtée qui trépigne et crie jusqu'à ce que sa mère vienne essuyer ses larmes. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face Derniers entretiens 18 avril 1897