Comme l'explique le professeur Dominique Lambert (Namur), "le darwinisme est une chance pour la réflexion théologique actuelle". Il doit permettre de penser, par la médiation d'une réflexion philosophique, une ontologie dynamique qui prenne au sérieux l'évolution, de façon à dépasser une ontologie trop statiquement conçue; ainsi on pourra reconnaître la place de la "contingence" dans la création, la place de la "souffrance" dans une philosophie de la nature et dans une théologie de la création et enfin il doit être possible de reconnaître le rôle de l'"attention au plus faible", qui se révèle un trait majeur de la différence anthropologique.
J'ai rappelé sur mon blog ce propos de Charles Darwin, dans "La filiation de l'homme": « Les sauvages, les faibles de corps ou d'esprit seront bientôt éliminés ; ceux qui survivront possèderont généralement un état de santé vigoureux. Cependant, nous, les hommes civilisés, nous faisons tout notre possible pour freiner le processus d'élimination car nous construisons des asiles pour l'imbécile, le mutilé et le malade ; nous passons des lois d'assistance publique ; et nos médecins prouvent leur extrême habileté en cherchant à sauver la vie de chaque malade. Il existe une raison pour croire que la vaccination a sauvé des milliers de personnes qui auraient autrement succombé à la petite vérole. C'est ainsi que les membres faibles des sociétés civilisées parviennent à propager leur genre. Quiconque s'est occupé un jour de l'élevage d'animaux domestiques ne peut douter de la conséquence hautement nuisible que cela engendrera à la race humaine. »