La raison, le magistère le vrai, la conscience
Charlier -  2009-10-16 08:51:50

La raison, le magistère le vrai, la conscience


La raison humaine est ainsi faite.

Je crains bien que non. La raison humaine est ainsi faite qu'elle est déterminée par l'objet même de l'intelligence : le vrai. Ce qui "contraint" l'intelligence, c'est le vrai, en quelque discours que ce soit. La "volonté d'obliger" à laquelle vous vous référez, et qui est censée donner plus de poids à la vérité, est une façon très moderne d'appréhender les choses, qui imprègne en particulier tout le droit contemporain, très marqué par le volontarisme. Ce qui fait qu'une chose est digne d'être crue, ce n'est pas qu'on y soit obligé, c'est qu'elle soit vraie, et il suffit à l'intelligence catholique qu'elle soit présentée comme telle par le magistère, ès qualités, pour la porter à juger que cette chose est effectivement digne d'être crue. La définition dogmatique, au fond, n'est qu'une concession à la faiblesse humaine, comme l'a parfaitement montré Newman, comme un marqueur sur ce qui doit être cru. Mais ce n'est pas elle qui établit la vérité. Ce qui établit la vérité, c'est la parole du magistère, et c'est l'attitude normale de tout fidèle que de chercher à nourrir son intelligence croyante de ce qu'il lui présente, sans avoir à attendre une quelconque définition pour ce faire. Quand le Christ, dans l'Evangile, dit à Philippe "qui me voit voit le Père", nul n'a besoin que cela soit présenté sous forme de proposition dogmatique, avec anathème à la clé, pour juger que cette affirmation est digne d'être crue, par cela seul qu'elle est présentée comme vraie par le Maître par excellence, qui est le Christ. Quand l'Eglise vous dit qu'une chose doit être reçue en conscience, en toute hypothèse, qu'est-ce que cela veut dire sinon que cette chose est certainement vraie et doit être crue ? La conscience, grande oubliée de ce monde moderne, parmi tant d'autres choses, est un jugement de vérité, dont on ne peut s'écarter sans pécher.