Charlier - 2009-10-14 16:39:46
La farce stalinienne
Ce qui est toujours génial dans ce genre de commentaires, forcément serein, à l'inverse des emportements de l'auteur du témoignage, c'est que ce dernier a forcément tort.
Il a tort puisqu'il est critique. Du coup, la véracité que l'on voulait bien lui accorder tant qu'il était "pour", voilà qu'elle vole en éclat puisqu'il devient "contre". Evidemment, c'est logique : comment concilier la véracité et la bonne foi avec le fait d'être critique ? Il n'y a même pas à chercher si ce qu'il dit pourrait contenir aussi du vrai (il est vrai qu'une telle démarche sentirait son libéralisme...) Hum... du vrai, ailleurs qu'en nos têtes ?
Notre chère Gentiloup, toujours dans la finesse, suggère le fin mot de l'histoire : et si, dès le début, le témoin n'était entré dans le séminaire QUE pour le détruire ? Suivez mon regard... Mais bon sang, mais c'est bien sûr ! Puisque c'est possible, n'est-ce pas l'indice le plus sûr que c'est certain ?
Ce qu'on ignorait au début (quoi que Gentiloup, elle, en avait la prescience), voilà qu'on en acquiert la preuve puisque l'intéressé se montre critique.
D'ailleurs, n'a-t-il pas interdit une messe pour Louis XVI ? Et n'évoque-t-il pas des chants "révolutionnaires" ? Ah, ah, c'est le diable qui montre ses sabots ! Comme si l'on pouvait être de chez nous et évoquer la révolution !
Peu importe que le témoin (au fait, à l'époque où il était témoin direct, à combien de têtées en étiez-vous encore, si d'aventure vous étiez déjà là pour vous adonner à cette pacifiante consommation ?) lui-même nous dise que l'expression "révolutionnaire" n'est pas de lui, qu'elle est de ceux qu'il décrit et qui chantaient les chants en question. Ce n'est quand même pas lui qui va nous dire ce dont il a été témoin, quand même, on le sait mieux que lui !
On se croirait dans une farce stalinienne.