Certes, saint Vincent de Lérins donne pour principe qu’il faut se régler sur l’antiquité. Mais on doit ajouter que, toujours d’après lui, l’époque postérieure s’exprime souvent avec plus de clarté. Et voilà ce que nos critiques passent toujours sous silence, et ils s’affranchissent de la règle à laquelle doit obéir toute intelligence catholique, au point de dire sans crainte qu’à partir des controverses on ne doit plus aisément se fier aux Pères, car l’ardeur de la dispute les a conduits à tenir des propos qui dépassaient leur pensée. En réalité, on ne doit pas opposer les expressions dont usent les Pères avant et après qu’ils se soient opposés aux hérétiques. Ces deux types de discours sont vrais et ils sont tous les deux utiles à l’Eglise : car avec le premier l’Eglise voit la simplicité d’origine et la perpétuité admirable de sa foi, tandis qu’avec le second elle reçoit plus d’instruction, pour acquérir une intelligence plus profonde et une notion plus exacte de ces articles de foi. En effet, les théologiens deviennent plus attentifs à cause des hérésies.
Les enseignements de Pie IX contre l’hérésie libérale relèvent de cette catégorie. Ils précisent, en même temps qu’ils récapitulent, tout ce que l’Eglise a enseigné, depuis que le problème s’est posé à elle, sur les devoirs des sociétés chrétiennes envers la vraie religion. Ils seront confirmés inlassablement par tous les successeurs de Pie IX, jusqu’à la mort de Pie XII. C’est après cette date que le problème se pose, pas avant. Et je crois que c’est le moment de se souvenir de la recommandation de saint Paul... V.