C’est pourtant un argument essentiel
Vianney -  2009-10-13 18:06:52

C’est pourtant un argument essentiel

Rappelez-vous ce qu’écrivait saint Paul aux Galates : “Même si nous-même ou un ange du ciel vous évangélisait autrement que nous ne vous avons évangélisés, qu'il soit anathème !” Il va jusqu’à le leur répéter deux fois de suite, ce qui ne lui arrive pas souvent. Face à cette vérité incontestable, les exemples que vous venez de donner ne sont pas probants. Je sais par exemple fort bien que les vieux catholiques prétendaient s’appuyer sur saint Vincent de Lérins pour refuser l’infaillibilité, mais c’est à tort : saint Vincent n’a jamais prétendu qu’il faut toujours s’appuyer sur les textes les plus anciens, mais seulement qu’il est judicieux de le faire tant que l’Eglise n’a rien défini. Avant que l’Eglise ait défini que telle ou telle vérité fait partie de la Révélation, il peut y avoir des tâtonnements, mais plus après. Relisons le cardinal Billot (Tradition et modernisme, Courrier de Rome, p. 75) :

Certes, saint Vincent de Lérins donne pour principe qu’il faut se régler sur l’antiquité. Mais on doit ajouter que, toujours d’après lui, l’époque postérieure s’exprime souvent avec plus de clarté. Et voilà ce que nos critiques passent toujours sous silence, et ils s’affranchissent de la règle à laquelle doit obéir toute intelligence catholique, au point de dire sans crainte qu’à partir des controverses on ne doit plus aisément se fier aux Pères, car l’ardeur de la dispute les a conduits à tenir des propos qui dépassaient leur pensée. En réalité, on ne doit pas opposer les expressions dont usent les Pères avant et après qu’ils se soient opposés aux hérétiques. Ces deux types de discours sont vrais et ils sont tous les deux utiles à l’Eglise : car avec le premier l’Eglise voit la simplicité d’origine et la perpétuité admirable de sa foi, tandis qu’avec le second elle reçoit plus d’instruction, pour acquérir une intelligence plus profonde et une notion plus exacte de ces articles de foi. En effet, les théologiens deviennent plus attentifs à cause des hérésies.

Les enseignements de Pie IX contre l’hérésie libérale relèvent de cette catégorie. Ils précisent, en même temps qu’ils récapitulent, tout ce que l’Eglise a enseigné, depuis que le problème s’est posé à elle, sur les devoirs des sociétés chrétiennes envers la vraie religion. Ils seront confirmés inlassablement par tous les successeurs de Pie IX, jusqu’à la mort de Pie XII. C’est après cette date que le problème se pose, pas avant. Et je crois que c’est le moment de se souvenir de la recommandation de saint Paul... V.