remise en cause ou soustraction à l'autorité
Charlier - 2009-10-07 15:22:25
remise en cause ou soustraction à l'autorité
Vous écrivez à propos de l'acte de Mgr Lefebvre :
Acte de soustraction à la volonté exprimée par Jean Paul II, c'est clair.
Remise en cause de l'autorité, il n'en a jamais été question.
Remise en cause de la succession apostolique : non plus.
Peut-être voulez-vous faire une distinction entre "remettre en cause l'autorité" et "se soustraire à l'autorité" ?
En arrière-fond de cette distinction il y aurait alors la distinction entre les sédévacantistes qui, eux, remettent en cause l'autorité et Mgr Lefebvre dont ce ne n'a pas été le cas. Est-ce bien cela ?
Si c'est le cas, je crains que la distinction ne soit inopérante parce que la définition du schisme n'exige pas la remise en cause de l'autorité au sens sédévacantiste mais "le refus de soumission au Souverain Pontife" (Catéchisme de l'Eglise catholique, n°2089).
Nous sommes donc dans ce cas, selon votre propre indication. C'est ce que l'Eglise a d'ailleurs indiqué en termes très explicites, utilement rappelés par Athanasios - toujours précis dans ses références.
De plus, dès lors que l'interdiction en question porte sur des sacres d'évêques, le refus d'accepter l'injonction de l'autorité concerne bien la succession apostolique.
Sincèrement, je peux comprendre que l'on dise : "Nous avons fait un choix grave en connaissance de cause et des risques encourus, que nous assumons, pour telles et telles raisons". Mais j'ai peine à admettre que l'on cherche à vider l'acte de son contenu objectif.
Quand je dis que le code de droit canonique ne concerne pas le for interne, je veux dire par là que s'il peut bien sûr permettre d'apprécier les conditions psychologiques d'un individu, pour déterminer la portée de ses actes, il n'entre pas dans son objet de déterminer si cet individu est un pécheur ou non.
Les textes que vous citez illustrent cette prise en compte psychologique, comme le fait également le droit pénal dans notre système législatif. Mais il n'y a pas sur ces points que vous visez ce qu'on appelle "jugement au for interne", lequel ne relève que de la confession sacramentelle - et bien sûr, au premier chef, de Dieu même, qui seul "sonde les reins et les coeurs".
C'est une limite très importante du droit canonique, qui s'applique aussi pour l'excommunication. Excommunier un individu, c'est le placer hors la communion ecclésiale, en raison d'un acte externe objectivement grave qu'il a commis, ce n'est pas dire qu'il a commis un péché mortel.
C'est pourquoi la problématique du "schisme formel", qui est celle du péché de schisme, est ici hors sujet.
Cordialement