«Venez, nations, et cueillez, à ces mystères, des roses» (S. Rosaire : lectures et hymnes)
Alexandre -  2009-10-06 21:41:37

«Venez, nations, et cueillez, à ces mystères, des roses» (S. Rosaire : lectures et hymnes)

N.-D. du S. Rosaire, par le Caravage Le 7 Octobre NOTRE-DAME DU T. S. ROSAIRE A Matines Hymne Cæléstis aulæ Núntius, arcána pandens Núminis, plenam salútat grátia Dei Paréntem Vírginem. De la céleste cour, le Messager, découvrant les secrets divins, salue pleine de grâce la Vierge Mère de Dieu. Virgo propínquam sánguine matrem Ioánnis vísitat, qui, clausus alvo, géstiens adésse Christum núntiat. La Vierge, à sa cousine, mère de Jean, rend visite; et lui, au sein clos, tressaillant, dénonce le Christ présent. Verbum, quod ante sǽcula e mente Patris pródiit, e Matris alvo Vírginis, mortális Infans, náscitur. Le Verbe qui, avant les siècles, a procédé de la pensée du Père, du sein d’une Mère Vierge, naît enfant mortel. Templo puéllus sístitur, legíque paret Légifer, hic se Redémptor páupere prétio redémptus ímmolat. Au Temple, l’enfançon est présenté, à la Loi, obéit le Législateur; ici le Rédempteur s’immole, racheté au prix du pauvre. Quem iam dolébat pérditum, mox læta Mater ínvenit ignóta doctis méntibus edisseréntem Fílium. Celui qu’elle pleurait perdu, la Mère a bientôt la joie de le trouver. Ce qu’ignoraient de doctes esprits, son Fils le leur expliquait. In monte olívis cónsito Redémptor orans prócidit, mæret, pavéscit, déficit, sudóre manans sánguinis. Sur le mont planté d’oliviers, le Rédempteur priant est prosterné, il est triste, effrayé, défaillant, sa sueur coule en gouttes de sang. A proditóre tráditus raptátur in pœnas Deus, durísque vinctus néxibus, flagris cruéntis creditur. Par un traître livré, Dieu est traîné au supplice, lié de dures chaînes il est fouetté jusqu’au sang. Intéxta acútis séntibus, coróna contuméliæ, squalénti amíctum púrpura, regem corónat glóriæ. Tressée d’épines aiguës, la couronne d’ignominie, avec un haillon de pourpre, couronne le roi de gloire. Molis crucem ter árduæ, sudans, anhélans, cóncidens, ad montis usque vérticem gestáre vi compéllitur. Trois fois sous le dur poids de la croix suant, haletant, il succombe; jusqu’au sommet de la montagne, il est contraint de la porter. Confíxus atro stípite inter sceléstos ínnocens, orándo pro tortóribus, exsánguis efflat spíritum. Cloué à l’affreux poteau, entre des scélérats, l’innocent, priant pour ceux qui le torturent, n’ayant plus de sang, rend l’esprit. Iesu, tibi sit glória, qui natus es de Vírgine, cum Patre, et almo Spíritu, in sempitérna sǽcula. Amen. Jésus, gloire soit à vous qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il. Premier Nocturne Du livre de l’Ecclésiastique (ch. 24) 1. (vv. 11-16) Parmi [toutes les nations] j’ai cherché le repos, j’ai cherché en quel patrimoine m’installer. Alors le créateur de l’univers m’a donné un ordre, celui qui m’a créée m’a fait dresser ma tente. Il m’a dit: «Installe-toi en Jacob, entre dans l’héritage d’Israël.» Avant les siècles, dès le commencement il m’a créée, éternellement je subsisterai. Dans la Tente sainte, en sa présence, j’ai officié; c’est ainsi qu’en Sion je me suis établie, et que dans la cité bien-aimée j’ai trouvé mon repos, qu’en Jérusalem j’exerce mon pouvoir. Je me suis enracinée chez un peuple plein de gloire, dans le domaine du Seigneur, en son patrimoine. 2. (vv. 17-22) J’y ai grandi comme le cèdre du Liban, comme le cyprès sur le mont Hermon. J’ai grandi comme le palmier d’Engaddi, comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine, j’ai grandi comme un platane. Comme la cinnamome et l’aspalathe j’ai donné du parfum, comme une myrrhe de choix j’ai embaumé, comme du galbanum, de l’onyx et du stacte, comme la vapeur d’encens dans la Tente. J’ai étendu mes rameaux comme le térébinthe, ce sont des rameaux de gloire et de grâce. 3. (vv. 24-31) Je suis la mère du pur amour, de la crainte, de la connaissance et de la sainte espérance; en moi est toute grâce de voie et de vérité, en moi toute espérance de vie et de force. Venez à moi, vous qui me désirez; et rassasiez-vous de mes produits. Car mon souvenir est plus doux que le miel, mon héritage plus doux qu’un rayon de miel. Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m’obéit n’aura pas à en rougir et ceux qui font mes œuvres ne pécheront pas. Ceux qui me mettent en lumière posséderont la vie éternelle. Second Nocturne Bataille de Lépante (7 oct. 1571) (Histoire du culte) 4. Alors que l’hérésie albigeoise répandait l’impiété dans la province de Toulouse. et s’y enracinait chaque jour plus profondément, saint Dominique, qui venait de fonder l’Ordre des Frères Prêcheurs, s’appliqua tout entier à la faire disparaître. Pour y arriver plus sûrement, il implora par des prières assidues le secours de la bienheureuse Vierge, dont les hérétiques attaquaient la dignité avec une souveraine impudence, et à laquelle il a été donné de détruire les hérésies dans l’univers entier. D’après la Tradition, Marie lui recommanda de prêcher le Rosaire au peuple, lui faisant entendre que cette prière serait un secours exceptionnellement efficace contre les hérésies et les vices. Aussi est-il prodigieux de voir avec quelle ferveur d’âme et avec quel succès il s’acquitta de la tâche imposée. Le Rosaire est une méthode déterminée de prière, dans laquelle on distingue quinze dizaines de salutations angéliques; elles sont séparées par l’oraison dominicale, et à chacune d’elles on se rappelle, dans une pieuse méditation, autant de mystères de notre rédemption. C’est donc à partir de ce moment que, grâce à saint Dominique, cette pieuse manière de prier commença à se faire connaître et à se répandre; et les Papes ont plusieurs fois affirme, dans leurs lettres apostoliques, que saint Dominique est l’auteur et l’instituteur de cette forme de prière. 5. Cette institution si salutaire fut pour le peuple chrétien la source d’innombrables bienfaits. On cite, entre autres, avec raison, la victoire que le saint Pontife Pie V et les princes chrétiens enflammés par ses paroles remportèrent, près des îles Échinades, sur le puissant sultan des Turcs (1571). En effet, au jour même où fut remportée cette victoire, les confréries du très saint Rosaire adressaient à Marie, dans tout l’univers, les supplications accoutumées et les prières prescrites selon l’usage. Aussi ce succès a-t-il été attribué, non sans raison, à ces prières. Grégoire XIII en a lui-même rendu témoignage, et pour qu’en souvenir d’un bienfait si extraordinaire, d’éternelles actions de grâces fussent rendues à la bienheureuse Vierge, invoquée sous l’appellation de Notre-Dame du Rosaire, il a concédé un Office du rite double majeur, à célébrer à perpétuité dans toutes les églises où il y aurait un autel du Rosaire (1573). D’autres Papes ont accordé des indulgences presque innombrables à ceux qui réciteraient le Rosaire et aux confréries du Rosaire. 6. Une autre victoire insigne fut remportée en 1716, dans le royaume de Hongrie, sur les troupes innombrables des Turcs, par Charles VI, empereur élu des Romains, le jour où l’on célébrait la fête de la Dédicace de sainte Marie aux Neiges, et environ à l’heure où les confréries du très saint Rosaire, après avoir organisé dans la Ville sainte une supplication publique et solennelle, avec un immense concours de peuple et une grande piété, répandaient aux pieds du Seigneur de ferventes prières pour la défaite des Turcs, et imploraient humblement le puissant secours de la Vierge Mère de Dieu en faveur des Chrétiens. Clément XI jugea pieusement devoir attribuer cette victoire au patronage de la bienheureuse Vierge, ainsi que la délivrance de l’île de Corcyre assiégée par les Turcs, qui eut lieu peu après. C’est pourquoi, voulant perpétuer la mémoire et la reconnaissance d’un aussi insigne bienfait, il étendit à l’Église universelle la fête du Très Saint Rosaire, sous le même rite (1716). Benoît XIII ordonna d’insérer la mention de toutes ces faveurs dans le Bréviaire Romain. Enfin Léon XIII, en des temps très troublés pour l’Église, par ce cruel déchaînement de maux qui la pressent depuis si longtemps, a souvent et vivement poussé, par des lettres apostoliques réitérées, à la récitation fréquente du Rosaire Marial, surtout pendant le mois d’Octobre. Il a aussi élevé le rite de la solennité de la fête annuelle, ajouté aux Litanies de Lorette l’invocation «Reine du très saint Rosaire», et concédé à toute l’Église un Office propre pour cette même solennité (1887). Vénérons donc continuellement la très sainte Mère de Dieu, par cette prière qui lui est très agréable, pour que celle qui, tant de f0is invoquée par les fidèles du Christ avec les prières du Rosaire, leur a donné de battre et de ruiner leurs ennemis terrestres, leur accorde pareillement de triompher de leurs ennemis infernaux. Annonciation, par Philippe de Champaigne (Metropolitan Museum of Art, New York) Troisième Nocturne Lecture du saint Évangile selon s. Luc (1, 26-38) 7. En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph; et le nom de la vierge était Marie. Etant entré où elle était, il lui dit: «Salut, pleine de grâce! Le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre les femmes.» Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. L’ange lui dit: «Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin.» Marie dit à l’ange: «Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l’homme?» L’ange lui répondit: «L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l’on appelait stérile, car rien ne sera impossible pour Dieu.» Marie dit alors: «Voici la servante du Seigneur: qu’il me soit fait selon votre parole!» Et l’ange la quitta. Homélie de saint Bernard, abbé (Sur la b. Vierge Marie 11-12: PL 184, 1020) Voici ce qu’a fait Dieu pour exalter sa grâce en abaissant la sagesse de l’homme: il a daigné prendre chair d’une femme restée vierge, afin de restituer la ressemblance par ce qui est semblable, de guérir le contraire par son contraire, d’arracher l’épine vénéneuse et de détruire d’une main puissante l’arrêt de mort porté par le péché. Si Ève fut l’épine, Marie s’éleva comme la rose. Ève fut l’épine qui blessa, Marie, la rose qui soulage toutes douleurs. Ève, de sa pointe acérée infusa la mort à l’espèce humaine entière, Marie, comme une rose, lui rendit le salut. Rose? Oui, vraiment, puisque la blancheur de sa virginité s’unit à la pourpre de sa charité; elle est blanche par son intégrité corporelle, rouge par l’ardeur de son âme; blanche par la candeur de ses mœurs, rouge par sa véhémence à fouler aux pieds les vices; blanche par la pureté de ses affections, rouge par la mortification de sa chair; blanche par son amour pour Dieu, rouge par sa compassion pour le prochain. 8. «Le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous» (Jn 1, 14). Il habite en notre mémoire, il habite en notre pensée, parce qu’il est descendu jusqu’à notre imagination! «Comment cela?», diras-tu. Eh bien, il fut couché dans une crèche, se reposa sur le sein d’une vierge, prêcha sur la montagne, passa les nuits en prière, fut suspendu à la croix où il mourut en répandant jusqu’à la dernière goutte de son sang; puis, «libre parmi les morts» (Ps 87, 6), il commanda aux enfers, ressuscita le troisième jour, montra aux Apôtres les traces des clous, signes de sa victoire, et, pour finir, pénétra sous leurs yeux jusqu’au plus haut des cieux. Voilà bien des sujets pour une méditation authentique et sainte! En me remémorant ces faits, c’est à Dieu que je pense. Car il est présent en tout. Je vous le dis: les méditer, c’est sagesse; à mon avis, c’est prudence que de faire jaillir le souvenir de leur suavité. Dans leurs amandes, la verge d’Aaron a produit son fruit savoureux. Marie en a goûté la sève dans les hauteurs et nous l’a rendue à profusion. Dans les hauteurs, certes, et même au-delà des anges, puisqu’elle reçut le Verbe du cœur même de son Père. N.-D. du S. Rosaire, par Murillo Aux Laudes Hymne Iam morte, victor, óbruta, ab ínferis Christus redit, fractísque culpæ vínculis, cæli reclúdit límina. Déjà vainqueur de la mort ensevelie, des enfers, le Christ revient; ayant brisé les liens du péché, il ouvre les entrées du ciel. Visus satis mortálibus ascéndit ad cæléstia, dextrǽque Patris ássidet consors Patérnæ glóriæ. Suffisamment vu des mortels, il monte aux régions célestes et s’assied à la droite du Père, associé à la gloire paternelle. Quem iam suis promíserat, sanctum datúrus Spíritum, linguis amóris ígneis mæstis alúmnis ímpluit. Celui qu’aux siens il avait promis, l’Esprit-Saint qu’il devait donner, en langues de feu d’amour, il le répand sur ses disciples tristes. Solúta carnis póndere ad astra Virgo tóllitur, excépta cæli iúbilo et Angelórum cánticis. Libérée du poids de la chair, aux astres la Vierge est emportée, reçue par la joie du ciel et les cantiques des Anges. Bis sena cingunt sídera almæ paréntis vérticem: throno propínqua Fílii cunctis creátis ímperat. Deux fois six astres couronnent la tête de la Mère de vie; tout près du trône de son Fils elle commande à tout le créé. Iesu, tibi sit glória, qui natus es de Vírgine, cum Patre, et almo Spíritu, in sempitérna sǽcula. Amen. Jésus, gloire soit à vous qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il. Aux Vêpres Hymne Te gestiéntem gáudiis, te sáuciam dolóribus, te iugi amíctam glória, o Virgo Mater, pángimus. C’est vous, tressaillante de joie, vous, broyée par les douleurs, vous, revêtue d’éternelle gloire, que nous chantons, ô Vierge Mère. Ave, redúndans gáudio dum cóncipis, dum vísitas; et edis, offers, ínvenis, mater beáta, Fílium. Salut à vous, inondée de joie en l’Annonciation, en la Visitation, quand vous mettez au jour, offrez et retrouvez ô bienheureuse Mère, votre Fils. Ave, dolens, et íntimo in corde agónem, vérbera, spinas crucémque Fílii perpéssa, princeps Mártyrum. Salut à vous, dolente en votre cœur, de l’agonie, de la flagellation, des épines, de la croix de votre Fils, en votre souffrance, Reine des Martyrs. Ave, in triúmphis Fílii, in ígnibus Parácliti, in regni honóre et lúmine, Regína fulgens glória. Salut pour les triomphes du Fils, les flammes du Paraclet, l’honneur et l’éclat de votre règne, Reine, brillante de gloire. Veníte, gentes, cárpite ex his rosas mystériis, et pulchri amóris ínclytæ Matri corónas néctite. Venez, nations, et cueillez, à ces mystères, des roses, et à la gloire du bel amour, à sa Mère, tressez des couronnes. Iesu, tibi sit glória, qui natus es de Vírgine, cum Patre, et almo Spíritu, in sempitérna sǽcula. Amen. Jésus, gloire soit à vous qui êtes né de la Vierge, ainsi qu’au Père et à l’Esprit de vie, dans les siècles éternels. Ainsi soit-il.