le mal des uns rend-il nécessairement juste la réaction des autres ?
Charlier -  2009-10-06 18:19:17

le mal des uns rend-il nécessairement juste la réaction des autres ?

Je suis d'accord avec vous sur ces deux points : - la vanité des efforts pour se convaincre mutuellement. Il y a trop de passions dans tout cela. - l'existence de faits qui peuvent justifier que... Le cardinal Gagnon (je radote à le dire, mais cela me paraît tellement juste) avait cependant dit des traditionalistes et de Mgr Lefebvre en particulier : "ils ont DES raisons, ils n'ont pas raison". L'appréciation du comportement des uns doit être séparée du comportement des autres. En règle générale, que Dupond fasse du mal ne justifie pas que Durant en fasse aussi. Pourtant il se peut que le mal que fait Dupond nuise à Durant. Si Durant fait aussi du mal, ce sont deux maux qui se cumulent. Le second peut certes être expliqué par le premier, comme par sa cause, oui. Il n'est pas pour autant rendu juste. Il n'en devient pas un bien. Cette règle s'applique partout. Que l'épiscopat français ait fait du mal, cela ne fait aucun doute, il il n'y a pas besoin d'être tradi aujourd'hui pour le constater. Mais cela fait-il nécessairement des réactions contre ce mal des actions bonnes ? Non. il faut qu'elles soient bonnes en elles-mêmes. Je puis vous dire qu'à une certaine époque, certains prêtres tradis poussaient des jeunes à s'emparer d'objets dans des églises ou dans des bibliothèques. L'argument était que tout cela était "à nous", parce que les "autres" n'en faisaient plus usage. Le problème est que c'était tout simplement des vols, et que la malice des "autres", quoique réelle, n'en faisait pas autre chose. Si la qualification de nos actes ne doit dépendre que des seules actions mauvaises des autres, qui les ont provoqués, alors le résultat est celui-ci : on ne peut soi-même qu'accomplir des actes bons. On peut s'en convaincre, mais on n'est pas dans la vérité. Ces actes peuvent être bons, ils peuvent aussi être mauvais. Il faut donc bien se résoudre à s'interroger sur le droit même d'un évêque, quelles que soient ses motivations (et les torts des autres), à sacrer contre la volonté explicite du Pape, qui le lui interdit ès qualités. Là, quoi qu'on en puisse dire, passer outre, c'est nécessairement passe outre l'autorité dans l'Eglise. Le fait, là encore, qu'une foule de prélats n'en ait cure eux-mêmes ne justifie pas qu'on agisse comme eux. Votre message évoque aussi la question du schisme "formel". A dire vrai, la question se pose immédiatement, même pour un schisme que l'on ne considérerait que "matériellement". Même "matériel", le schisme est objectivement une faute, une rupture au regard des lois de l'Eglise.