Votre dernier paragraphe est excellent !
Athanase -  2009-10-06 17:45:12

Votre dernier paragraphe est excellent !

Vous cernez bien le problème. Le fait de trop faire état de divergences de manière publique a pu être néfaste, surtout quand la maîtrise des sujets est loin d'être complète. Les désaccords peuvent garder une confidentialité, sans pour autant équivaloir au silence. Il est aussi évident que Mgr L. était loin de tout maîtriser, notamment quand c'est extrêmement compliqué. C'est au fond la question des crises dans les groupes qui se pose: tant que la crise ou la controverse ne connaît pas de diffusion médiatique, la divergence reste, malgré tout surmontable. C'était encore le cas au début des années 70 où le choses ne sont pas aussi tranchées. Votre témoignage sur la CRCde l'abbé de Nantes en est un exempkle: j'ai connu un prêtre diocésain qui avait écouté l'abbé dans les années 70. Mais une fois étalée sur le champ public, la divergence prend une tournure dramatique... Les acteurs finissent par s'exclure et s'ignorer. C'est à mon avis un point sur lequel il y a déficit théologique dans un certain traditionalisme. Tout racourcir: c'est peut-être nécessaire, mais cela peut être dangereux. Par exemple, les dénonciations des abus liturgiques, nécessaires et justes, peuvent, en retour, créer des effets contraires: sacrificialisme, dévotion qui concerne davantage le rite que Dieu lui-même. De même, le risque est de tomber dans une vision impolitique et utopique du caractère public de la Foi. La référence au Christ-Roi, nécessaire, peut se transformer en millénarisme. A l'actuelle Cité terrestre déchirée, on lui substitue une cité terrestre pacifiée qui est la négation de celle que l'on voit: elle devient un idéal inatteignable, mai un refuge dans la crise actuelle (l'action politique actuelle des tradis se transforme en quiétisme providentialiste). De même, il et dangereux de limiter l'autorité de l'Eglise à une sorte de portion congrue: le Magistère se réduit comme peau de chagrin. Enfin, l'inerrance de l'Elise prend un sacré coup. Mais il est vrai que tant d'abus en sens opposé ont fait oublier les excès et les raccourcis. Cela dit, ces actions dissidentes ont abouti à renforcer les adversaires de Mgr L.