Le spectacle de la trahison des uns, de la démission des autres, de surcroît mises bruyamment l’une et l’autre au compte de l’action du Saint-Esprit, était au point de le tuer quand Mgr Marcel Lefèbvre le dispensa de venir l’assister à la dernière session. Je crois que depuis ce moment, il n’attendait plus que la mort. Il avait vu au Concile « ce qu’on a vu, depuis que le monde est monde, dans l’histoire de toutes les Assemblées, les Conciles non exceptés » ; à savoir : « Quelques phraseurs non-évêques, glorieux de leur vain titre d’experts, habiles à faire prendre des vessies pour des lanternes, auront intimidé les uns, surpris la bonne foi des autres, mais non pas de tous. Seulement, quand il s’agit des Conciles oecuméniques, on est sûr au moins, que venue l’heure de la promulgation, l’Esprit-Saint fera toujours que nulle hérésie ne soit définie. » (Itinéraires, numéro 129 de janvier 1969, p. 103) Mais ce n’est pas d’avoir vu « ce qu’on a vu depuis que le monde est monde » qui aurait suffi à l’atteindre mortellement. A Vatican II, nous avons vu du nouveau, que l’on n’avait pas vu souvent, et semble-t-il jamais, dans un Concile oecuménique légitime. Un ami de l’Abbé Berto, qui est aussi le nôtre, le remarquait récemment* : « Pour la première fois dans toute l’histoire de l’Eglise, les documents d’un Concile ou ce qu’on appelle son « esprit », sa « dynamique », sont employés pour détruire la Maison de Dieu... Aujourd’hui les équivoques du « Vatican II » sont dénoncées, à Rome même, et par des personnages qualifiés. Il faudra faire un pas de plus : prouver que ces équivoques ont été expressément voulues, soigneusement préparées par une maffia de conjurés introduits peu à peu dans les commissions et qui ont, en fait, dirigé, orienté les travaux et les votes d’une Assemblée d’évêques soit inconscients, soit incapables, soit trompés, soit, hélas, quelquefois complices. (...) »
Je ne nie pas l’évolution dont vous parlez (bien qu’à mon avis, elle se soit produite avant 1968). Mais de là à écrire comme G. Leclerc (ou son commentateur ?) que Madiran n’a jamais attaqué le concile...! V. (*) Madiran cite ici un passage du Courrier de Rome du 30 janvier 1969.