Toutes ces traductions
Yves Daoudal -  2009-09-25 12:50:45

Toutes ces traductions

sont faites sur la Vulgate sixto-clémentine, qui a fait autorité jusqu'au XXe siècle et, à mon avis personnel, devrait toujours faire autorité. Avant de révolutionner le bréviaire, saint Pie X a lancé la révolution permanente de la Sainte Ecriture en demandant (en 1907) aux moines de l'abbaye Saint-Jérôme, à Rome, de réviser la Vulgate. Ils ont accompli, sur plusieurs décennies, un Himalaya de travail de collation, sans doute passionnant pour les ultra-spécialistes, mais qui a accouché d'une nano-souris pour ce qui est de l'approche concrète du texte. Ensuite il y a eu "l'édition de Stuttgart", basée sur celle des moines de Saint-Jérôme, et dont la principale innovation, si j'ai bien compris, est... typographique. Puis il y a eu la Nouvelle Vulgate, réalisée selon le voeu de Vatican II, où l'on a "corrigé" la Vulgate selon les moines de Saint-Jérôme en utilisant le texte massorétique (en hébreu). Or ce texte massorétique (ceci pour répondre à Aigle), celui de la synagogue, date en effet du Xe siècle. La Bible complète (c'est-à-dire ce que nous appelons l'Ancien Testament) date précisément de 1009. Il n'existe aucun manuscrit antérieur au Xe siècle, parce qu'ils ont tous été détruits pour qu'on ne puisse pas voir que certaines expressions, qui étaient des prophéties christiques, ont été modifiées. Saint Jérôme, en revanche, a travaillé pendant 12 ans sur les textes hébreux authentiques. La plus ancienne version de l'Ancien Testament est effectivement la Septante, en grec, faite par les rabbins d'Alexandrie au cours des IIIe et IIe siècle avant Jésus-Christ, et dont on a de nombreux manuscrits antiques. Quant à la version de saint Jérôme, la Vulgate, elle précède de plus de cinq siècles la version massorétique qu'on ose appeler dans toutes les traductions modernes "les textes originaux".