Babel
Abbé Guillaume de Tanoüarn -  2009-07-11 11:05:27

Babel

Cher Jean Paul, Je ne dispose que de quelques minutes avant de partir pour un mariage en Mayenne. Je ne dispose pas de beaucoup de documents ici en Bretagne. Mais il me semble de mémoire que la confusion des langues est un châtiment, analogue au fameux : "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" ou à "Tu enfanteras dans la douleur". Cela n'empêche pas le travail de l'homme d'être une belle chose ("Tout homme est un créateur" disait Paul VI cité par Benoît XVI dans Caritas in veritate) et l'enfantement de ne laisser à la femme que des bons souvenirs (voir la parabole du Christ sur ce sujet dans saint Jean 16 "Quand son heure est venue, une femme se réjouit etc."). Cela n'empêche pas non plus la diversité des cultures d'être une richesse que l'Eglise a toujours défendue (je suis Breton, j'en sais quelque chose). Mais il me semble que l'idée de l'union de tous les hommes est en elle-même utopique. Ce sont les Allemands, Leibniz et Kant, qui ont été retrouver cette "idée" de la Cité de Dieu à construire (idée qui ne se trouve pas chez saint Augustin où les deux cités sont intriquées l'une dans l'autre). Comme par hasard deux luthériens, c'est-à-dire deux schismatiques dans la chrétienté, qui tentent de réaliser, dans l'idée et dans l'idéal, la beauté perdue (pour eux) de l'unité de l'Eglise. Le seul fait qui contredit Babel c'est la Pentecôte ("Chacun les entendait parler sa propre langue...), c'est-à-dire la naissance de l'Eglise, qui, comme le disait Maurras avec bon sens, est décidément "la seule internationale qui tienne". Imaginer une autre forme, une forme temporelle d'unité du genre humain, c'est me semble-t-il ce que Kant lui-même appelait extra-vaguer, sortir des limites que nous fixe le fonctionnement de notre entendement... Mais j'oubliais : vous "détestez" M. le maudit, alors je ne tarde pas davantage et prends mon volant.