Signalons seulement dans les décrets portés contre Wiclef la condamnation de la trente-septième proposition : Le Pape n’est point le vicaire immédiat de Jésus-Christ. Les Gallicans ont affirmé, nous l’avons vu, que Martin V avait admis et approuvé les fameuses propositions présentées dans la quatrième et la cinquième sessions. Si la supériorité du concile sur le Pape est une doctrine véritable, c’est le concile et non le Pape qui est le vicaire immédiat de Jésus-Christ. Martin V, en condamnant Wiclef, a donc aussi frappé indirectement la doctrine de Constance. Nous en avons une autre preuve tout aussi péremptoire. Parmi les questions à poser à ceux qui sont suspects d’hérésie hussite, nous trouvons celle-ci : Croyez-vous que le Pape canoniquement élu est le successeur du bienheureux Pierre, ayant la suprême autorité dans l’Eglise de Dieu ? Si la proposition de Constance est vraie, l’accusé devait répondre : « Non, c’est le concile qui est investi de cette suprême autorité. » L’hérétique suspect n’aurait donc pu être réconcilié, s’il avait soutenu la doctrine des premières sessions de Constance. Que conclure de ce double argument, sinon que Martin V, bien loin d’avoir confirmé les propositions qu’on a appelées plus tard gallicanes, les a, au contraire, formellement condamnées?
V.