pourquoi cette définition qui me paraît à première vue excellente ne le serait-elle pas? Pour ce qui est du "Magistère ordinaire universel", ce devrait être simple : - il devrait correspondre à ce qui est cru ou/et enseigné par tous dans l'Eglise depuis des temps immémoriaux, sur tous sujets en rapport avec le magistère de l'Église. Point !
En tout cas, ce ne peut être la définition à laquelle vous vous ralliez, et ce pour deux raisons. - La première, c'est que les théologiens et le pape Pie XII enseignent le contraire de ce que vous soutenez : le magistère ordinaire et universel ce n'est pas la concordance des enseignements "depuis des temps immémoriaux", c'est le magistère ordinaire du pape et des évêques hic et nunc. - La deuxième, la voici... Avant toutes choses, une distinction importante : Inerrance : c’est la simple absence d’erreur… Ex : ce texte - cet OBJET - ne contient aucune erreur. Infaillibilité : garantie, de droit, qu’il ne peut pas y avoir d’erreur… Ex : le pape et les évêques - ce SUJET- ne peu[ven]t pas proposer l’erreur en guise de vérité. Selon la thèse dont vous vous faites le porte-voix la conformité avec les enseignements antécédents est condition de l'infaillibilité du magistère présent, sachant que les enseignements antécédents attestent de la Vérité (c'est le postulat nécessaire). C'est-à-dire que le magistère présent serait dans le vrai à partir du moment où il redirait la même chose qu'hier et avant hier à savoir la vérité attestée. Du point de vue de l'inerrance, cela est rigoureusement exact. Mais du point de vue de l'infaillibilité, cela est absolument faux. Pourquoi ? Parce que si l'infaillibilité du MOU était conditionnée par la conformation à la vérité précédemment attestée, cela signifierait que le MOU serait ni plus ni moins "infaillible" que Madame Gentiloup ! En effet, il arrive à Madame Gentiloup d'être dans le vrai en se conformant aux vérités antécédemment attestées. Plus fort encore, lorsque Gentiloup se conforme aux vérités antécédemment attestées, il est nécessairement dans le vrai. Doit-on en conclure que Madame Gentiloup est infaillible ? Madame Gentiloup est "infaillible" aux mêmes conditions par elle assignées au magistère ordinaire et universel pour être infaillible. Et pourtant Madame Gentiloup n'est pas infaillible. Il est de fait dans l'inerrance, mais il n'y est pas de droit. Si la thèse suivie par Madame Gentiloup relativement à l'infaillibilité du magistère ordinaire et universel était exacte, il faudrait dire que, ni plus ni moins que Madame Gentiloup baptisée et confirmée lambda, ledit magistère ordinaire et universel est de fait dans l'inerrance quand il est l'écho de la vérité, mais qu'il n'est pas de droit dans l'inerrance en raison de l'assistance divine. Or c'est bien tout au contraire cela l'infaillibilité : être de droit dans la vérité en raison de l'assistance divine... et par conséquent (mais non par condition) d'être en conformité avec les enseignements antécédents du magistère. Par conséquent affirmer que le magistère ordinaire et universel est infaillible à condition d'être dans le vrai, c'est consignifier que le magistère ordinaire et universel, tout comme Madame Gentiloup, n'est pas infaillible. Or cette conclusion est contraire à l'enseignement de foi divine et catholique du Concile Vatican I. N.M.