Ne mélangeons pas tout...
Abel - 2009-02-14 22:02:43
Ne mélangeons pas tout...
Chère Gentiloup,
je n'ai guère le loisir de vous répondre avant quelques jours, aussi je me contente de signaler là où votre bât blesse.
Le Magistère est le pouvoir d'enseignement de l'Église. Son sujet est donc l'Église enseignante, soit dans son principe (le Pape) soit dans toute son extension (le Pape et les évêques). Dans les deux cas (les deux sujets ne sont pas adéquatement distincts puisque le Pape en est l'élément essentiel), c'est le même pouvoir, le même objet, la même infaillibilité : déclarer ce qui est contenu dans la Révélation divine et ce qui est connexe à la Révélation divine ; condamner ce qui est contraire à la Révélation divine ou incompatible avec elle.
Chaque évêque pris séparément est docteur en son diocèse, mais n'est pas le sujet du pouvoir de Magistère de l'Église. Tous ensemble ne font pas davantage s'il manque le principe : le Pape.
Donc même si avant Vatican II beaucoup d'évêques déviaient (dato, non concesso), cela ne relève en rien de l'infaillibilité du Magistère par défaut d'union au Pape.
Quant à la condamnation des Cristeros, elle relève du pouvoir du gouvernement, lequel est infaillible (d'une infaillibilité d'une autre nature, infaillibilité pratique, prudentielle diraient Journet et son disciple présent parmi nous) dans la promulgation des lois (de chaque loi générale de l'Église) et dans la globalité du gouvernement, chaque acte n'étant pas absolument garanti (mais requérant tout de même l'obéissance).
Cela dit, je crois qu'on traite de cette affaire des Cristeros d'une façon bien superficielle : l'ordre que leur a fait donner le Pape (cesser les combats et rendre les armes) peut tout à fait avoir pour motif une vue plus haute que notre courte vue humaine : il vaut mieux des martyrs (car les Cristeros en sont d'authentiques) que des anarchistes.
La sainte Église avait l'expérience des Carlistes dont beaucoup sont devenus des bandits de grand chemin (la Guardia civil a été fondée pour les pourchasser).
Mais c'est une autre histoire.
L'infaillibilité du pape et celle de l'Église sont un dogme, aucun fait ne les contredit, aucune raison ne peut ni ne doit nous empêcher de la croire de toute notre âme : la vérité révélée et le salut éternel sont en jeu.
Toute diminution de l'infaillibilité est une offense à la vérité et un germe d'anarchie de l'intelligence.
Cela dit sans vous écorcher...
Abel