Non, ce n’est pas pareil
Vianney -  2009-02-13 09:30:21

Non, ce n’est pas pareil


"je n’ai lu nulle part, et certainement pas chez J. Daly, qu’il avait défini l’infaillibilité du pape, mais bien qu’il avait condamné la doctrine de la supériorité des conciles oecuméniques par rapport au pape." (Vianney) - quelle est la différence ? Vous jouez sur les mots, comme J. Daly. Si le pape est supérieur au concile en matière de foi et de moeurs, c'est précisément la doctrine de ... Vatican I, la doctrine qui réfute ... la déclaration gallicane des 4 Articles de ... 1682.

Condamner la supériorité des conciles oecuméniques par rapport au pape ne revient pas à affirmer la supériorité inverse. Je lis dans un ouvrage postérieur à Vatican I que l’autorité d’un concile oecuménique est “égale en soi à celle du Souverain Pontife” (Chanoine J. Forget, Les Conciles oecuméniques, Lecoffre, p. 31). Il faut naturellement relativiser cette égalité puisque toute décision d’un concile n’a de valeur qu’une fois confirmée par le pape, mais je n’en parle ici que pour souligner qu’il y a encore loin de l’affirmation doctrinale de Latran V à celle de Vatican I... Sans être un spécialiste, je peux d’autant moins souscrire à votre dépréciation du cinquième concile de Latran que le même auteur signale d’autres décisions doctrinales prises par celui-ci  : “Il condamna d’ailleurs deux erreurs naissantes, dont l’une aboutissait à nier ou à révoquer en doute soit l’individualité, soit l’immortalité de l’âme humaine, tantdis que l’autre affirmait l’indépendance respective de la vérité philosophique et de la vérité révélée.” (p. 30) Ça n’en fait certes pas l’équivalent du concile de Trente, mais de là à réduire son importance doctrinale à néant... Quant à l’auteur du texte cité dans mon message précédent, il est mentionné au bas du document, tout simplement : Chanoine A.C. Peltier, Dictionnaire universel et complet des conciles, publié dans l’Encyclopédie théologique de l’abbé Migne. Il renvoie lui-même à d’autres références, dont celle, généralement très sûre, de Rohrbacher. J’avoue les préférer aux ouvrages plus récents et trop souvent tendancieux. Pour en revenir au sujet initial, je ne vois pas bien en quoi on pourrait affirmer que Vatican II n’a pas été “reçu”, puisque jamais peut-être aucun concile n’a réuni une aussi grande proportion d’évêques, que les déclarations et constitutions les plus controversées ont été approuvées à de très larges majorités et que Paul VI et ses successeurs, non seulement font de son application leur tâche prioritaire, mais y font constamment référence dans leurs discours et leurs actes. Sauf erreur, le premier évêque à avoir remis en cause Vatican II l’a fait plusieurs années après sa clôture, et il n’a été suivi que par un seul de ses confrères. Si réellement (ce dont j’ai la conviction) il est permis d’accuser Vatican II d’une partie des maux dont souffre l’Eglise, ce doit nécessairement être pour une tout autre raison. V.