"Car telle est la nature de la foi que rien n’est plus impossible que croire ceci et de rejeter cela. L’Église professe, en effet, que la foi est « une vertu surnaturelle par laquelle, sous l’inspiration et le secours de la grâce de Dieu, nous croyons que ce qui nous été révélé par lui est véritable : nous le croyons, non pas à cause la vérité intrinsèque des choses vue dans la lumière naturelle de notre raison, mais à cause de l’autorité de Dieu lui-même qui nous révèle ces vérités, et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ». Si donc il y a un point qui ait été évidemment révélé par Dieu et que nous refusions de le croire, nous ne croyons absolument rien à la foi divine. Car le jugement que porte saint Jacques au sujet des fautes dans l’ordre moral, il faut l’appliquer aux erreurs de pensée dans l’ordre de la foi. « Quiconque… se rend coupable… en un seul point, devient transgresseur de tous. » [Jac. ii, 10] Cela est même beaucoup plus vrai des erreurs de la pensée. Ce n’est pas, en effet, au sens le plus propre qu’on peut appeler transgresseur de toute la loi celui qui a commis une faute morale ; car s’il peut sembler avoir méprisé la majesté de Dieu, auteur de toute la loi, ce mépris n’apparaît que par une sorte d’interprétation de la volonté du pécheur. Au contraire, celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi puisqu’il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu’il est la souveraine vérité et le motif propre de foi. « En beaucoup de points ils sont avec moi, en quelques-uns seulement, ils ne sont pas avec moi ; mais à cause de ces quelques points dans lesquels ils se séparent de moi, il ne leur sert de rien d’être avec moi en tout le reste. » [S. Augustinus, in Psal. liv, n. 19]" Léon XIII, Lettre-Encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896.