formule jésuite un peu confuse du P. Lombardi
Luc Perrin - 2009-02-02 18:29:39
formule jésuite un peu confuse du P. Lombardi
"« Qui nie le fait de la Shoah ne sait rien ni de Dieu ni de la Croix du Christ."
Le génocide des juifs, j'évite le mot "Shoah" qui est religieusement connoté précisément, est d'abord et avant tout la conséquence de la modernité, dans ses développements les plus pervers et radicalement hostiles à Dieu comme à la foi chrétienne.
Ses concepteurs et ses auteurs entendaient bien nier radicalement Dieu, broyer toute trace de morale chrétienne, annihiler les 10 Commandements dans l'esprit des hommes. Au nom d'une pseudo-science, à l'aide des techniques de la révolution industrielle, par "utilitarisme".
Ce que ce génocide, comme tous les autres, nous enseigne n'est point Dieu ni moins encore la Croix du Christ, mais d'abord la tragédie de l'humanité sans Dieu, ce dont l'être humain est capable quand il est entièrement dominé par le vide moral, par l'absence de la Croix du Christ. Plus encore que par le "mal", l'absence de référence morale pour guider nos actions. Himmler déclarait que seul lui importait qu'un fossé anti-char soit creusé, non le nombre de prisonniers russes qui mourraient pour le faire. La fin justifie les moyens, cela est bien plus pernicieux que le "mal", c'est en amont.
Rendons à César ce qui est à César : les génocides et guerres mondiales appartiennent à la modernité - tant vantée même par un G. Weigel récemment ! et les ignares qui reprennent l'antienne des religions seules fauteuses de guerres.
Ô certes la croix du Christ a été présente au milieu de cette épouvante par des centaines de milliers de gestes, grands, héroïques ou tout petits.
La formule du P. Lombardi peut troubler les lecteurs, sans de longues explications ; elle a le tort de ne pas pointer le coupable ou plutôt la coupable, la modernité émancipée de la Révélation chrétiennne qui se veut séparée de Dieu. Des villages arméniens, à Treblinka ainsi qu'aux "mille collines" rwandaises, et sur un mode autre la "culture de mort" (Jean-Paul II), c'est toujours elle qui nous a montré l'autre face - hideuse - de son visage plus avenant d'ordinaire.