Si aujourd'hui nous nous permettons de juger aussi sévèrement une œuvre qui appartient à plusieurs Pontifes romains, puisqu'elle fut accomplie sous leur inspiration, ce n'est certes pas que nous ne soyons résolu toujours d'accepter comme le meilleur tout ce qui vient de la Chaire suprême sur laquelle Pierre vit et parle à jamais dans ses successeurs : mais il s'agit d'une œuvre qui ne reçut jamais des trois pontifes que nous venons de nommer, qu'une approbation domestique, qui ne fut jamais promulguée dans l'Église, et qui, plus tard, par l'acte souverain et formel d'un des plus grands et des plus saints papes des derniers temps, fut solennellement improuvée et abolie sans retour.
La distinction me semble claire et la portée donnée par Dom Guéranger à une promulgation en bonne et due forme aussi. Il est certain que l'argument plaide en faveur de l'abbé de Tanouarn...Il existe un moment dans l'Eglise où le droit n'est pas seulement le droit mais plus que cela. Peut-on parler pour autant de légitimité ? En tout cas, on s'en rapproche. Ce qui me chiffonne le plus, dans l'argumentation de l'abbé de Tanouarn, c'est une sorte de déni de ce que je me risque à appeler une autonomie coutumière dans la liturgie. L'Histoire nous montre pourtant qu'elle a joué un grand rôle dans sa constitution.