Mais cher Monsieur l'Abbé
Scribe - 2009-01-09 09:20:26
Mais cher Monsieur l'Abbé
Seriez-vous en train de nous dire que vous étiez sédévacantiste sans le savoir ? Vous souvenez-vous du texte ci-dessous ?
"Bien évidemment, l’assemblée célébrante ne peut plus s'intégrer par elle-même dans la sublime économie christique du mystère caché en Dieu depuis le commencement... Que peut-elle donc faire par ses propres forces ? Elle se contente d'en dresser le mémorial, comme on se raconte une histoire le soir à la veillée. Elle fait « le récit de l'institution » par le Christ de ce signe de son corps et de son sang. Elle dresse dans l'ordre sensible le Symbole de l'amour divin et elle ne peut pas faire autre chose. La messe nouvelle, en tant qu'elle est l'œuvre de l'assemblée, ne peut se réaliser que comme un pur signe, un signe sans efficace, de la présence du divin. Le réalisme sacramentel qui a caractérisé toute théologie vraiment chrétienne semble désormais inconcevable. Et l'Eglise en meurt, parce qu'elle n'est plus l'Epouse qui vit chaque jour avec son Epoux, métis une sorte de veuve, qui évoquerait ses souvenirs, pour essayer de s'en nourrir et de survivre. Pis aller ! Tout cela est bien insuffisant. Si les églises se vident, c'est parce qu'obscurément le peuple chrétien sent bien qu'on lui offre une image, une représentation, au lieu de lui livrer, brûlante, la réalité du Corps livré et du Sang versé.
Cette Révolution, cette inversion, figurée dans les sanctuaires par l'inversion des autels, a été soudaine. On ne peut la décrire théologiquement que d'une manière qui semble brutale. Mais il est nécessaire de rentrer ensuite dans le détail des cas particuliers, si l'on veut être objectif, être vrai. La messe nouvelle est un peu comme une auberge espagnole : on y trouve ce qu'on y apporte. Certainement, il y a des messes valides lorsque, sans conteste, le prêtre entend faire ce que l'Eglise a toujours fait comme épouse du Christ et comme mère des fidèles. Je ne veux rien généraliser et je ne cherche pas à condamner les personnes.
Mais, il faut bien avouer que ces messes sont valides par une sorte de divine garantie donnée à l'Eglise (Ecclesia supplet) et malgré l'esprit de la réforme que nous venons de décrire...
Le refus catégorique de la liturgie nouvelle par Mgr Lefebvre est, en ce sens, un acte de politique ecclésiastique d'une haute portée et d'une grande noblesse : il embrasse, dans une charité brûlante, le bien commun de toute l'Eglise, au-delà des cas particuliers et des intentions personnelles de chaque prêtre. C'est pour le bien de l'Eglise qu'il faut refuser toute légitimité à un rite équivoque (surtout lorsqu'on ose le présenter comme le seul rite légal). Quant aux individus, il leur arrive de l'utiliser, j'allais dire sans se brûler les ailes, grâce à leur grande piété personnelle, mais statistiquement, ce rite nouveau, étant donné l'esprit dans lequel il a été conçu, représente pour l'Eglise, dans sa course amoureuse à l'odeur des parfums de son époux divin, une sorte de handicap permanent et un fardeau."
Certitude n°12