De l'efficacité de la théologie à notre époque.
Antoine -  2009-01-07 18:20:46

De l'efficacité de la théologie à notre époque.

Voici un extrait de DICI qui éclaire de façon très intéressante le fond de ma pensée et de mes objections à l'abbé de Tanouarn (à qui je souhaite au passage une bonne année s’il me lit) sur la question de la "légitimité de la nouvelle messe". Nous vivons dans une société conceptuelle fortement influencée par l'usage de moyens visuels très puissants, faite de slogans et usant de mots à double sens pour forcer la consommation. "La nouvelle messe est légitime"... Quelle idée ressort-il de cette phrase pour un esprit conceptuel ? Très certainement que si la nouvelle messe est légitime, il est alors non seulement légitime d’y assister, mais également de la célébrer. C’est ce que vous répondra n’importe quel observateur non averti. Peut être pourra-t-on avoir une profonde réflexion sur le sens réel de cette phrase, et peut être même arrivera-t-on à démontrer que derrière ce concept se cache un sens bien subtile qui va à l’encontre du concept qui s’impose pourtant aux yeux de tous et que chacun retiendra. (ce dont personnellement je doute). Il n’empêche qu’en se battant sur la légitimité de la messe, le concept se sera imposé et l’image restera gravée aux yeux de tous : les fidèles de la FSSPX diront que l'abbé de Tanouarn soutient la nouvelle messe et les modernistes ne comprendont pas qu'il ne la célèbre pas... Consommation responsable : "La nouvelle messe est légitime"... Attention, tout abus pourrait être dangereux pour la santé Consommation outrancière : "La nouvelle messe est légitime"... N’hésitez pas en en user et à en abuser Consommation tentatrice : "La nouvelle messe est légitime"... Pourquoi n’en feriez vous pas l’expérience ? Consommation fanatique : "La nouvelle messe est légitime"... Suivez la volonté du pape …. Bref, à mes yeux, la défense de principes non ambigus et universels vaut bien mieux que le jeu subtil de mots derrière lesquels chacun peut mettre le sens qui l’arrangera… (C’est l’idée que défendait un père Jésuite au centre St Paul lors d’une conférence à laquelle j’avais assistée et qui traitait de l’œcuménisme : on se met d’accord sur des mots derrière lesquels chacun met un sens différent.) L'Eglise a bien moins besoin de grands théologiens que de principes clairs qui s'énoncent clairement (et auxquels les hommes d'Eglise ont malheureusement renoncé). Le sens des mots est important, mais les principes le sont bien plus...

Pour qu’Il règne, le bulletin bimestriel du district de Belgique et des Pays-Bas de la Fraternité Saint-Pie X, fait paraître dans son numéro de novembre-décembre 2008 la première partie d’une étude très documentée d’Ingrid de Crayencour A propos du lectionnaire du missel, ainsi qu’un remarquable article sur les croisades par le Dr Alfred Denoyelle. On y trouvera aussi deux lettres où l’auteur anglais, C.S. Lewis, fait parler un démon, Screwtape, prodiguant ses conseils à son jeune neveu, Wormwood, pour l’aider à arracher plus efficacement une âme à « l’Ennemi », c’est-à-dire Jésus-Christ. En voici un extrait à offrir à une personne droguée par les médias : « Tu m’affirmes que tu contrôles les lectures de ton sujet et t’arranges à ce qu’il voie beaucoup son ami matérialiste ; j’en prends bonne note. Mais n’es-tu pas un peu candide ? Tu parais croire que c’est par le raisonnement qu’il échappera aux griffes de l’Ennemi, le Dieu des chrétiens. S’il avait vécu quelques siècles plus tôt, ç’eût été possible. Alors les hommes distinguaient assez bien les choses prouvées de celles qui ne le sont pas, et lorsque la preuve était faite, ils croyaient vraiment. Leurs actes dépendaient encore de ce qu’ils pensaient et ils changeaient leur manière de vivre quand la logique le leur conseillait. Mais, grâce à la presse et à d’autres armes similaires (c’est nous qui soulignons), nous avons profondément altéré cette disposition. Dès son enfance, une douzaine de systèmes philosophiques incompatibles entre eux dansent une sarabande dans la tête de ton sujet. Les doctrines ne lui paraissent pas, à première vue, ‘vraies’ ou ‘fausses’, mais bien ‘académiques’ ou ‘ pratiques’, ‘usées’ ou ‘contemporaines’, ‘conventionnelles’ ou ‘impitoyables’. Pour l’éloigner de l’Eglise, ton plus sûr allié n’est pas le raisonnement, mais bien le jargon philosophique. Ne perds pas ton temps à lui présenter le matérialisme comme une vérité ; fais-lui penser qu’il est fort, ou pur, ou courageux, qu’il est la sagesse de l’avenir. Voilà ce qu’il aimera ». - De l’autre côté de la Manche, un auteur français disait : « Les idées ne sont pas généreuses ; elles sont vraies ou fausses ».