Vous direz qu'ils fassent trésor des testaments de saint Remi, de Charlemagne et de saint Louis — ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l'héroïne d'Orléans : « Vive le Christ qui est Roi des Francs ! » A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse.
Il reste que, bien après le partage de 843 entre les petits-fils de Charlemagne, on parle encore de « Francie occidentale » pour désigner la future France : partie dont hérite d’ailleurs, au moment du partage, le plus jeune des fils de Louis le Pieux, Charles II, issu du second mariage de son père. Et ce sont successivement l’aîné, Lothaire (à qui est dévolue la « Francie médiane »), et plus tard les héritiers du second fils, Louis le Germanique (« Francie orientale »), qui seront sacrés empereurs... À quoi Jean-Paul Parfu ajoute deux précisions intéressantes :1) le Roi de France et l'Empereur du Saint-Empire se considéraient tous les deux comme les co-héritiers du gage et de la promesse de Tolbiac ; 2) jusqu'au XIVème siècle, l'on a prié - officiellement - en France pour l'Empereur (donc même après Bouvines), plus ou moins considéré comme le chef de la Chrétienté ou pour le moins comme co-héritier, donc, de l'Empire de Charlemagne avec le Roi de France !
Avez-vous une idée de l’époque à laquelle, dans l’esprit des papes, l’héritage de Clovis serait passé entre les mains de la seule « Francie occidentale » ? V.