Une précision
Marchenoir -  2009-01-02 20:45:38

Une précision

Cher Vianney, Pardonnez-moi, je réponds bien tard à votre message. Je ne le fais pas pour contrer les arguments que vous avez aimablement pris la peine d’apporter mais pour me laver d’un soupçon : en aucun cas je ne doute de l’orthodoxie du critère de saint Bellarmin dont vous avez parlé, je n’en suis pas encore à douter de la catholicité d’un docteur de l’Église. Si j’avais écrit que ce critère pouvait conduire à se séparer du Souverain Pontife et par là-même de la Tête de l’Église qui est le Christ, c’était bien entendu dans le sens où mal utilisé, il pouvait se révéler funeste (de la même manière que certains passages des Saintes Écritures mal interprétés peuvent être tout aussi funestes…). Il n’est que de voir ce qu’on en fait dans certains forums nauséabonds pour le comprendre. Ou plutôt, non, il vaut mieux ne pas le voir… Bon, j’ai commencé en disant que je ne vous contredirai pas, mais quand même… Il est vrai qu’en un sens, je ne peux qu’être d’accord avec vous ; vous énoncez des faits, il n’y a rien à dire. Mais pensez-vous vraiment que les situations que vous décrivez soient comparables à la nôtre ? Il me semble qu’appliquer le critère du saint Docteur à des erreurs ponctuelles, finalement toutes très limitées dans le temps et finalement corrigées, et l’appliquer à un enseignement sur des domaines importants proclamé par le pape et les évêques réunis en concile et maintenu invariablement, opiniâtrement, sont deux choses très différentes. À vouloir appliquer inconsidérément ce principe, on en vient tout doucement mais très sûrement à transférer l’ultime critérium de catholicité pas très loin de son propre nombril. Ainsi que le dit Mgr Fessler (La vraie et la fausse infaillibilité des papes) : « Ce n'est plus l'autorité de l'Église enseignante qui fait loi a ses yeux, mais seulement ce qu'il trouve lui-même dans l'Écriture, dans les Pères et dans d'autres documents anciens et authentiques. En s'engageant dans cette voie, on abandonne l'Église ; chacun suit sa propre opinion, son sentiment personnel : l'un trouve ceci, l'autre trouve cela ; chacun peut crier : "Venez à moi, j'ai trouvé la vérité". C'est ainsi qu'ont pris naissance de tous temps les hérésies ». Regardez les sédévacantistes : il s’en trouve autant de mouvances que de sectes protestantes ; pour les mêmes raisons ! Cela dit, je sais, et c’est là l’essentiel – du moins pour moi – que ce qui nous unit est infiniment plus fort que ce qui nous sépare. Très cordialement, Marchenoir.