Vianney - 2009-01-01 08:11:30
Et j'ajouterais...
...que si, comme vous le rappelez, chère Gentiloup, Mgr Lefebvre, de même que son confrère brésilien, a mis des années avant de résister ouvertement aux injonctions venues de Rome, c'est parce qu'ayant reçu une excellente formation théologique au séminaire français de Rome, il était (comme son ami l'abbé Berto) écartelé entre l'enseignement qu'il y avait reçu (et dont Marchenoir nous a donné un résumé) et la réalité qu'il avait devant les yeux. À ceux qui l'accusent d'avoir cédé à un mouvement d'orgueil, la démarche hésitante qui fut la sienne révèle en fait tout le contraire, et en cela il est bien le frère de tous ces catholiques « scandalisés et affolés ».
Peut-on d'ailleurs citer l'exemple d'un seul bon évêque qui, ayant refusé de suivre Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer dans leur résistance, ont réussi à empêcher leur diocèse de sombrer avec les autres dans le néo-modernisme ? Même le cardinal Siri ne l'a pas pu.
Tout se passe comme si les successeurs de Pie XII se comportaient habituellement en « faux prophètes », ceux dont saint Robert Bellarmin nous explique à quel signe nous devons les reconnaître :
Il est vrai que le peuple doit discerner le vrai prophète du faux, mais non par une autre règle que celle-ci : observer attentivement si celui qui prêche dit le contraire de ce que disaient ses prédécesseurs
De Membris Ecclesiae, Lib. I De Clericis, cap. 7.
À nous de nous tenir sur nos gardes, comme le Christ nous en a prévenus :
Car il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils produiront des signes et des prodiges pour égarer, s'il était possible, les élus eux-mêmes. Mais vous, soyez sur vos gardes ; je vous ai tout annoncé d'avance.
Evangile selon saint Marc, XIII, 22-23.
V.