Encore un coup, il n'y a pas de contradiction...
Vianney -  2008-12-31 18:58:26

Encore un coup, il n'y a pas de contradiction...

...entre les affirmations des Pères et le catéchisme de Trente : comme vous sembliez l'avoir compris hier, ils se placent tout simplement sur deux plans différents. Et le mot déicide qui paraît vous désarçonner, le catéchisme l'emploie d'ailleurs en parlant des pécheurs chrétiens : « Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. » Mais dans ce cas, pourquoi parler de « peuple déicide » ? Parce que le chrétien, quand il pèche, le fait contre les prescriptions de sa religion et de l'Église. Tandis que le juif qui approuve la condamnation du Christ le fait en conformité avec la religion juive (déformée par le Talmud), qui est aussi rigoureusement monothéiste que l'Islam : le fait de parler de « peuple » déicide montre bien que c'est le groupe qui est visé par les Pères, et non chaque juif en particulier. « Dans l'acte du déicide, écrit l'abbé A. Lemann (Histoire complète de l'idée messianique, p. 401 de la réédition de 1974 par les Compagnons de Saint Michel), il y a donc, à charge du Sanhédrin, une double faute : connaissance claire que l'homme qu'il clouait à la Croix était le Messie et ignorance coupable qu'il était Dieu. » Un peu plus haut, l'auteur explique que l'ignorance coupable vient de ce qu'ayant refusé de voir en Jésus le Messie, alors qu'ils avaient la preuve du contraire, « ils fermèrent les yeux devant les preuves de sa divinité ». La culpabilité des autres juifs est, comme l'explique saint Thomas, fonction de leur degré de connaissance des preuves en question (ce qui, soit dit en passant, exclut toute malédiction raciale : tout se déroule sur le plan religieux). Pour ce qui est du degré d'autorité des Pères de l'Église, je rappelle cet extrait de la profession de foi tridentine (bulle Iniunctum Nobis de Pie IV) :

J'accepte et j'embrasse très fermement les traditions apostoliques et celles de l'Église, et toutes les autres observances et constitutions de cette même Église. De même j'accepte l'Écriture sainte, suivant le sens qu'a tenu et que tient notre sainte mère l'Église, à qui il appartient de juger du véritable sens et de l'interprétation des saintes Écritures. Je n'accepterai et je n'interpréterai jamais l'Écriture que selon le consentement unanime des Pères.

On peut lire sur le site que cette profession de foi a été jugée suffisamment importante pour être placée, conjointement avec le serment antimoderniste de saint Pie X, en tête du Code de droit canonique de 1917. Vianney (qui vous salue et souhaite à tous les liseurs une sainte année 2009)