Dieu châtie différemment...
Vianney -  2008-12-31 13:36:44

Dieu châtie différemment...

...les sociétés et les individus. Tout en étant mystérieuse, cette réalité est partiellement explicable, car les hommes ont l'éternité devant eux pour satisfaire à la justice divine, alors que les sociétés sont nécessairement temporelles. Aux souverains détrônés du royaume de Naples qui demandaient s'ils avaient quelque espoir de reconquérir leur trône, Don Bosco répondait : « Ce que Jérémie disait, de son temps, votre Majesté peut le répéter : Patres nostri peccaverunt, et nos iniquitatem eorum portavimus. Qui donc a oublié les avanies que l'Eglise de Naples eut à endurer de la part de vos aïeux ? Ces fautes passent de père en fils et souvent l'innocent paie pour le coupable. » Il ne s'agit pas seulement des sociétés civiles. Ainsi, la Sainte Vierge a déclaré à Soeur Lucie de Fatima : « On n'a pas voulu écouter ma demande ! Comme le roi de France, on s'en repentira et on le fera, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ! » Dans une étude intitulée Le Mystère d'Israël (DDB, Paris), le philosophe Jacques Maritain, lui-même époux d'une juive, justifiait l'emploi du mot déicide appliqué par l'Église au judaïsme en tant que religion :

La liberté et la responsabilité subsistent et par conséquent la faute qui a été celle d’un nombre restreint de personnes, les princes des prêtres et, dans une certaine mesure, la foule d’alors, aveugle et cruelle comme l’avaient été les meurtriers des prophètes. Les chrétiens (...) ont de bonnes raisons pour appeleer cette faute un crime de déicide : de fait, il l’était. (...) Le Chrétien croit que, en raison de l’aveuglement de ses chefs spirituels, Israël a failli à sa mission, et que les Juifs ont été privés de l’exercice actuel de leurs privilèges, et ont été abandonnés au monde, et qu’ils resteront ainsi dépossédés, aussi longtemps qu’ils ne croiront pas en leur Messie qu’ils ont crucifié.

Dans sa liturgie, l’Église nous incite à prier pour hâter la fin de cet aveuglement collectif, qui n’empêche d’ailleurs pas entre-temps certaines conversions individuelles, comme en témoigne le beau livre Le miel du rocher de Roy Schoeman. V.