Le mot « déicide »
Vianney -  2008-12-30 08:44:06

Le mot « déicide »

...est employé par plusieurs Pères de l’Église, notamment saint Grégoire de Naziance : « Le Christ a été tué par des mains déicides » (Migne, Patrologie Grecque, XXXVII, 466 A). De même saint Cyrille d’Alexandrie, dans son Commentaire sur Isaïe (IV, I, 43, 3-4), écrit qu’en mettant à mort le Christ, les juifs « se sont montrés déicides » (Migne, Patrologie Grecque, LXX, 886). Une double question se pose : 1) Les persécuteurs de Jésus L’ont-ils reconnu comme le Christ annoncé par les prophètes ? Oui, pour ce qui est des chefs (principes Judaeorum), répond saint Thomas d’Aquin (Somme, III, q. 47, a. 5) « car ils voyaient se vérifier en Lui tous les signes prédits par les prophètes ». 2) Ces chefs connaissaient-ils la divinité de Jésus ? Non, mais leur ignorance était coupable, car seule la haine les empêchait de reconnaître les signes évidents de sa divinité : ses miracles et ses paroles attestant qu’Il était bien le Fils de Dieu. À ceux qui objecteraient qu’il ne saurait être question de déicide puisque Dieu ne meurt pas, saint Thomas répond : « Si quelqu’un salit volontairement le vêtement du Roi, n’est-il pas considéré comme aussi coupable que s’il avait souillé la personne elle-même ? » (In Symb. Ap., a. 4, 912). Ce péché de déicide doit donc être attribué aux membres du Sanhédrin, mais seulement dans une moindre mesure à la foule qui réclamait la mort de Jésus, car bien que son ignorance soit coupable en raison des miracles, elle avait une connaissance plus limitée des écrits prophétiques. Cette culpabilité persiste aujourd’hui encore, à des degrés divers, dans la mesure où les intéressés s’associent à la haine du Christ et des chrétiens telle qu’elle s’exprime dans le Talmud, et où ils sont à même de reconnaître les nombreux signes attestant que le Messie est déjà venu. À ce sujet, saint Basile de Césarée écrit : « Ceux qui persévèrent dans leur aveuglement sont les héritiers du meurtre commis par leurs pères » (Migne, Patrologie Grecque, XXX, 191). V.