Vous n'avez même pas tort
Marchenoir - 2008-12-29 22:25:32
Vous n'avez même pas tort
Cher Scribe,
en effet, discuter avec moi est inutile. Et il n'y a pas qu'avec moi d'ailleurs. Discuter est inutile, l'Ecclesiaste l'a dit avant nous. Notre raison nous sert-elle à découvrir la vérité ? Non, bien sûr. Avez-vous vu quelqu'un changer un jour d'avis ici ? Elle ne sert qu'à étayer, tant bien que mal - plutôt mal que bien d'ailleurs, le plus souvent - la nôtre. La nôtre de vérité, je veux dire. Fabrice Hadjadj, philosophe juif converti au catholicisme (il nous serait précieux ici), a dit lors d'une conférence que tout compte fait " il y a une certaine vérité du relativisme, par le fait que du côté du sujet, chacun a à vivre de manière singulière son rapport à la vérité commune à tous ". Nos propos en sont la décourageante illustration. Vraiment il ne s'agit pas ici d'arguments, personne ne me fera croire cela. Qu'on relise le message initial de M. d'André. Non, pas le texte de NA, ce qu'il dit ensuite, sur la volonté du rédacteur de tromper son monde. Il pose cela en principe. Son but est alors de dénicher la plus petite ambiguïté dans n'importe quel texte de Vatican II pour crier au mensonge et à l'imposture, et amener l'interlocuteur à conclure ce qu'il a posé en principe. Il nous la joue à l'envers depuis... je crois que je n'étais pas né. Moi ça me saoule.
Alors, oui : quand je lis un texte du Saint-Père, je pars de l'a priori qu'il a raison. C'est curieux comme attitude, hein ? Vous, ça vous gratte qu'on fasse comme ça. Ben, grattez-vous. Et puis regardez, vous n'êtes pas tout seul à vous gratter. Il y a du monde à votre droite mais il y en a aussi à votre gauche, et pas qu'un peu ! Je ne traite pas le pape comme un marchand dont je vérifie sans cesse les poids, et si je trouve un passage important que je ne comprends pas, mon réflexe ne sera certes pas d'aller poster sur le FC mon sentiment au niveau du vécu, et de mettre à poil mon âme devant tout le monde comme c'est la mode en ce moment. Remarquez, cher Scribe, il ne s'agit même plus de cela. Nous en sommes au stade où un passage pouvant être bien compris sera interprété dans sa pire acception. Et je poste, of course.
Le pape a-t-il alors toujours raison ? En ce qui regarde la foi et les moeurs : oui. En douteriez-vous ? Pour le reste ? Non. Pour autant je ne suis de ceux qui se croient sur un pied d'égalité avec le Souverain Pontife, même sur des questions qui ne relèvent pas directement de la foi. Et de toute façon, il ne me viendrait pas à l'idée de me faire le complice des adversaires de l'Église en soulignant publiquement telle ou telle erreur d'un pape. Il faut vraiment être imbu d'esprit moderne pour avoir l'outrecuidance de vouloir en remontrer publiquement au pape.
Vous me dites qu'avec mes raisonnements nombre de tradis seraient devenus sédévacantistes. D'abord, ce ne sont pas mes raisonnements. J'ai dans l'idée que cette façon de faire était même recommandée par des papes qui devraient avoir votre agrément. Ensuite, s'il faut, comme vous le prétendez, pour se prémunir du sédévacantisme, avaler les pilules de la méfiance envers le Saint-Siège, eh bien je dis qu'avec un tel remède, les patients doivent avoir une drôle de tête !
Bonne fin de soirée.
Marchenoir