« Supposez que des personnes autour de vous parlassent continuellement de votre père et de votre mère avec le plus grand mépris et n’eussent pour eux que des injures ou des sarcasmes outrageants quels seraient vos sentiments ? Eh bien, c’est exactement ce qui arrive à Notre Seigneur Jésus-Christ. On oublie ou plutôt on ne veut pas savoir que notre Dieu fait homme est un Juif, le Juif par excellence de nature, le Lion de Juda ; que sa mère est une Juive, la fleur de la race juive ; que tous ses ancêtres ont été juifs, aussi bien que tous les prophètes, enfin que notre Liturgie sacrée tout entière est puisée dans les livres juifs. Dès lors, comment exprimer l’énormité de l’outrage et du blasphème qui consiste à vilipender la race juive ? Autrefois, on détestait les Juifs, on les massacrait volontiers, mais on ne les méprisait pas en tant que race. Bien au contraire, on les redoutait et l’Eglise priait pour eux, se souvenant que saint Paul, parlant au nom de l’Esprit Saint, leur a tout promis et qu’ils doivent, un jour, devenir les astres du monde. L’antisémitisme, chose toute moderne, est le soufflet le plus horrible que Notre Seigneur ait reçu dans sa Passion qui dure toujours, c’est le plus sanglant et le plus impardonnable parce qu’il le reçoit sur la face de sa Mère et de la main des Chrétiens. »