Bah si, c'est bien la même chose ! Il dit que cet enseignement est infaillible ("d’une façon tout à fait certaine et exempte de toute erreur", "on tire un argument certain et solide").
Eh non ! les expressions ne sont pas tout à fait synonymes. Il y a une nuance, très légère, certes, mais néanmoins suffisante pour nécessiter cette confirmation par l'autorité pontificale infaillible. Le pape a constaté l'accord du magistère ordinaire et une universalité dans le lieu. L'universalité dans le temps peut en être légitimement déduite, mais ce n'est pas une certitude absolue. Or le pape n'ignore pas que le Concile Vatican I qui a défini l'infaillibilité du Magistère Ordinaire et Universel et du magistère ex cathedra a été interrompu par la guerre de 1970 sans avoir pu définir les conditions de ce Magistère Ordinaire et Universel, mais seulement les conditions de magistère ex cathedra. C'est pourquoi, dans le doute, il se garde bien d'employer l'expression "Magistère Ordinaire et Universel" et plutôt que de parler d'infaillibilité, il utilise les formules similaires mais légèrement moins fortes que vous avez cité. D'ailleurs le Bienheureux pape Pie IX n'a pas agi différemment lors de la proclamation du dogme de l'immaculée conception :Ils (les évêques) Nous confirmaient leur propre sentiment....et ils nous demandaient comme d'un voeu unanime, de définir par Notre propre jugement et autorité suprême l'Immaculée Conception de la Vierge.
Comme Pie XII, le bienheureux Pie IX ne prend pas prétexte de l'accord unanime de tous les évêques, pourtant dispersés par tout l'univers, pour prétendre que ce dogme serait déjà infaillible avant qu'il ne le confirme de son autorité apostolique.Au fond, je pense pouvoir dire sans déformer votre pensée que vous n'êtes pas d'accord avec les papes depuis Paul VI sur le degré d'autorité que le Concile a voulu utiliser : contrairement à eux, vous pensez que le Concile n'a voulu créer aucune obligation. Je pense que nos pouvons nous arrêter à ce constat.
C'est tout à fait cela. Mais cela ne nous dispense pas de chercher à savoir qui a raison. Car l'autorité que n'ont pas certains textes du concile, les papes en question n'ont jamais prétendu la leur accorder, eux, a posteriori, comme ils en avaient le pouvoir. Et comme l'autorité du magistère ordinaire n'est pas engagé, le débat reste donc ouvert et libre.Ces textes jouissent de l'autorité du Magistère ordinaire non infaillible, la même autorité que les encycliques.
Justement non ! Vous ne pouvez pas comparer une simple déclaration conciliaire où le pape n'est que l'un des signataires parmi d'autres avec une encyclique où il engage son autorité apostolique. Comme cette déclaration n'a rien voulu définir, ainsi que vous le reconnaissez vous-même, elle n'engage que ceux qui l'ont effectivement signé (et encore, ce n'est même pas sûr).