1/ Mon voisin qui se livrerait à la débauche. Il n’a évidemment absolument aucun droit naturel de ne pas être empêché de le faire. Autrement dit, sa nature humaine ne lui donne pas le droit de réclamer comme un dû en justice (divine) qu’on ne l’en empêche pas. S’il viole un droit naturel, il déchoit de sa dignité humaine. Il ne peut revendiquer cette même dignité pour m’empêcher d’intervenir contre sa débauche !
Il n'a en effet aucun droit à se livrer à la débauche, comme dans le cas de DH les non-catholiques n'ont aucun droit positif à pratiquer de faux cultes. Examinons plus avant : vous dites qu'il déchoit de sa dignité humaine. Il ne déchoit pas cependant au point de perdre son droit de propriété :Le droit « matériel » que vous invoquez n’est pas un droit naturel mais n’est qu’un droit indirect issu d’un autre droit, le droit de propriété.
Son droit, c'est que sa propriété ne soit pas violée - et cela, c'est un droit naturel qu'il peut le réclamer en justice. Mais cela protège d'une manière purement matérielle sa débauche : je ne peux pas l'empêcher sinon je violerais son droit de propriété. Le cas de la LR est semblable : le droit affirmé, c'est en particulier celui de ne pas être empêché d'agir selon sa conscience en matière religieuse, y compris dans la sphère publique, dans de justes limites. Ce droit garantit les conditions d'une vraie conversion au Christ, ce n'est pas une "liberté de violer la loi naturelle". Mais le sujet du droit peut commettre un abus moral de ce droit : en profiter pour pratiquer de faux cultes. Cependant, je ne pourrais pas l'empêcher, à moins qu'il ne viole les justes limites, parce que sinon je violerais moi-même son droit à la LR.2/ Le père qui ne peut être empêché d’élever son fils dans sa fausse religion. Il ne peut en être empêché car, selon la distinction classique entre for interne et for externe qui est le fondement de toute autorité sociale, l’Etat ne pourra pas intervenir tant qu’il s’agira d’un acte privé parce que ce même Etat n’a pas juridiction en la matière.
Là encore, on a un droit naturel : le droit des parents d'élever leurs enfants, y compris en matière religieuse. Et on a un abus : tel père qui enseigne des erreurs religieuse à son fils. A priori, cet abus est seulement moral : on ne peut pas l'en empêcher sans violer son droit. En d'autre termes, cet abus moral est protégé par le droit naturel, de manière purement matérielle.Mais la mère, elle, exerce également ce droit de tutelle. Imaginons qu’elle soit, elle, catholique.
Dans ce cas, l'abus du père (élever son fils dans des erreurs religieuses) n'est plus un simple abus moral, il devient aussi un abus légal : il viole les limites de son droit naturel parce que, ce faisant, il viole le droit de la mère de son fils.