C'est ridicule !
Meneau -  2008-11-21 12:02:13

C'est ridicule !


Un droit naturel peut protéger la liberté de certains actes, qui se trouvent concrètement contraires à la loi naturelle. Mais attention, il s'agit d'une protection purement matérielle ! Le droit naturel ne le protège évidemment pas leur malice, seulement le droit de n'être pas empêché. Cela n'a rien d'extraordinaire : j'en ai déjà donné deux exemples concrets où cela se rencontrait dans d'autres situations, qui ne posent pas de problème : voir plus haut dans le même fil.

La liberté de violer la loi naturelle n’existe pas. Un droit naturel qui protégerait une liberté qui n’existe pas, c’est un non-sens. Le fait que, pour respecter un de vos droits naturels, je sois obligé de tolérer la violation par vous d’un autre droit naturel, ne prouve absolument pas un droit naturel à ne pas en être empêché ! Vous le reconnaissez d’ailleurs vous-même lorsque vous écrivez que « le droit naturel ne protège évidemment pas leur malice ». Le droit naturel découle du droit divin éternel. Un droit naturel ne peut donc évidemment pas directement laisser un espace de liberté à un acte mauvais, c’est l’Ecclésiastique 15,21 qui vous le dit : « :Nemini dedit spatium peccandi ». Je n’ai peut-être pas été suffisamment clair lorsque j’ai réfuté vos « exemples ». C’était par manque de temps, veuillez m’en excuser. 1/ Mon voisin qui se livrerait à la débauche. Il n’a évidemment absolument aucun droit naturel de ne pas être empêché de le faire. Autrement dit, sa nature humaine ne lui donne pas le droit de réclamer comme un dû en justice (divine) qu’on ne l’en empêche pas. S’il viole un droit naturel, il déchoit de sa dignité humaine. Il ne peut revendiquer cette même dignité pour m’empêcher d’intervenir contre sa débauche ! Le droit « matériel » que vous invoquez n’est pas un droit naturel mais n’est qu’un droit indirect issu d’un autre droit, le droit de propriété. Parce que je suis, moi, tenu de respecter sa propriété, il peut se poser, pour moi, un dilemme au moment d’agir : concurrence entre un droit naturel et un devoir issu d’un droit naturel. Le cas se pose de façon identique pour la légitime défense : j’ai droit à la vie, mon agresseur aussi. Mon jugement me dictera alors un choix. Mais le choix que je vais faire – tuer mon agresseur – ne me donne pas un droit naturel à ne pas être empêché de le tuer. Da'illeurs si d’aventure quelqu’un passe par là à ce moment, il va bien sûr être tenu d’intervenir et de lever la menace. Mon « droit » de ne pas être empêché de tuer mon agresseur cesse à l'instant même, ce qui prouve bien qu'il ne s'agit pas d'un droit naturel : ma nature n'a pas changé entre le moment où j'étais menacé, et le moment où je ne l'étais plus. 2/ Le père qui ne peut être empêché d’élever son fils dans sa fausse religion. Il ne peut en être empêché car, selon la distinction classique entre for interne et for externe qui est le fondement de toute autorité sociale, l’Etat ne pourra pas intervenir tant qu’il s’agira d’un acte privé parce que ce même Etat n’a pas juridiction en la matière. Mais le père n’a pas du tout le droit naturel de ne pas en être empêché. De droit naturel, l’enfant qui n’a pas atteint l’âge de raison est placé sous la tutelle de ses parents, ce qui empêche l’Etat, et quiconque extérieur à la famille d’intervenir. Mais la mère, elle, exerce également ce droit de tutelle. Imaginons qu’elle soit, elle, catholique. Elle a dans ce cas, elle, le droit et le devoir de s’opposer à ce que le père élève son fils dans sa fausse religion, ce qui prouve bien que le père n’a pas un droit « naturel » à ne pas être empêché. D’ailleurs, le droit canon qui dit

la partie catholique déclarera qu’elle est prête à écarter les dangers d’abandon de la foi et promettra sincèrement de faire son possible pour que tous les enfants soient baptisés et éduqués dans l’Église catholique

(CIC 1125) ferait promettre au conjoint catholique de violer le droit naturel de l’autre conjoint ? A quoi cela servirait-il ? Le conjoint catholique ne serait évidemment pas tenu par cette promesse. Cordialement Meneau