Mais si, il est des cas où il peut l'être !
jl d'André -  2008-11-21 10:36:22

Mais si, il est des cas où il peut l'être !


En de nombreux passages très clairs, les papes depuis Paul VI ont toujours dit que DH, comme le reste du Concile d'ailleurs, n'était pas un enseignement facultatif, mais au contraire une norme certaine de pensée et d'action.

L'important n'est pas ce que les papes depuis Paul VI ont pu en dire dans des discours de circonstance, mais ce que DH en a dit elle-même. Or DH, justement, n'impose aucune obligation d'accepter ce qu'elle enseigne et se garde bien de porter la moindre condamnation contre ceux qui s'y refuseraient. Ce qui n'est pas obligatoire est-il facultatif ? Généralement oui ! La seule exception possible serait si le caractère non obligatoire de la chose était fortuit. Si la volonté d'obliger de l'autorité était évidente, mais qu'une formulation imparfaite involontaire priverait le document final de son caractère strictement obligatoire. Or ce n'est pas du tout le cas de DH dont le caractère non obligatoire n'a rien de fortuit, mais fut explicitement voulu. Paradoxalement ce sont les évêques adversaires de la déclaration, Mgr Lefebvre en tête, qui se sont battus pour qu'elle soit obligatoire, seule façon pour eux de surmonter leur opposition. Mais ils n'ont pas été suivis. On ne peut après coup invoquer une autorité qu'on a justement refusé d'exercer. Quant aux discours postérieurs des papes qui invoquent DH comme si elle était obligatoire, ils ne prétendent jamais faire appel à leur autorité apostolique pour accorder à DH le caractère obligatoire qu'elle n'a jamais eu et qu'elle continue donc de ne pas avoir.

Je crois que c'est Pie XII qui, au moment de définir le dogme de l'Assomption, avait écrit à tous les évêques pour savoir ce qu'ils en pensaient. Il écrit qu'en lisant leur réponse, il a constaté que le dogme en question était révélé, parce qu'il était couvert par l'infaillibilité du M.O.U. : pas d'universalité dans le temps dans cet épisode.

Il est exact qu'avant de définir le dogme de l'assomption, Pie XII a interrogé tous les évêques au moyen de sa lettre encyclique du 1er Mai 1946 et qu'il a affirmé en avoir reçu "une réponse presque unanimement affirmative". Mais, d'une part, les évêques ainsi interrogés étaient bien dispersés par toute la terre dans leurs diocèse respectifs où ils n'avaient effectivement d'autre source d'information que la tradition perpétué dans leurs diocèse depuis les temps apostoliques. D'autre part, Pie XII n'en a absolument pas conclu que cette doctrine était couverte par le MOU ce qui l'aurait rendue infaillible. Bien au contraire, il a cru nécessaire de la confirmer en la définissant ex cathedra et c'est cette définition solennelle, seule, qui prouve l'infaillibilité du dogme de l'assomption. Il n'y a jamais rien eu de comparable pour DH. Les évêques n'ont jamais été interrogés dans leurs diocèse respectifs sur la conformité de cette doctrine avec la tradition issue des apôtres, ni avant ni après le concile. Et le fait qu'il se conduisent comme si cette doctrine était conforme à la doctrine catholique n'est assurément pas à leur honneur mais ne préjuge en rien de ce qu'ils répondraient s'ils étaient effectivement consultés, car l'assistance divine promise par Dieu à son Église les empêcherait alors de continuer à dévier de la doctrine catholique.

La réciprocité est une exigence : pour pouvoir jouir pleinement de l'usage de leur droit à la LR, il faut que les musulmans acceptent de respecter notre propre droit à la LR. En revanche, elle ne peut pas être prise comme une excuse de toutes les violations du droit à la LR : "ils le font eux aussi", ce n'est pas très chrétien comme justification.

Vous rendez-vous seulement compte de la monstruosité de ce que vous osez affirmer ? Quelle notion de la réciprocité avez-vous donc ? La réciprocité que vous proposez est totalement déséquilibrée au détriment de la religion catholique et au bénéfice exclusif de l'Islam. Vous envisagez d'accorder un droit à la liberté religieuse à des musulmans en pays catholique en contrepartie d'une simple tolérance accordée aux catholiques en pays d'Islam. Ignorez-vous donc que les musulmans croient, eux, que leur religion est la seule vraie, qu'elle a donc seule droit à la liberté religieuse et que les autres religions n'y ont aucun droit ? Que vont-ils donc conclure, à votre avis, de la politique que vous préconisez ? Tous simplement que les catholiques ne croient pas eux-même à la vérité de leur propre religion, ce qui confirmerait bien que l'Islam serait la seule vraie ! Cela ne va guère inciter les musulmans à se convertir au catholicisme et cela ne va guère dissuader les catholiques qui en seraient tentés, de se convertir à l'Islam comme ils le font d'ailleurs, par milliers en France depuis des années.