Le Magistère authentique n'est pas facultatif !
dominique bontemps -  2008-11-20 22:17:00

Le Magistère authentique n'est pas facultatif !


Ben tiens ! Comme c'est facile ! Dès qu'un argument que vous avez employé peut être retourné contre vous, qu'il ruine votre thèse en confirmant celle de l'Eglise, vous proposez tout simplement qu'il soit abandonné !

J'ai pris votre argumentation comme affaiblissant la mienne, mais certainement pas comme prouvant que DH affirme, par le biais des justes limites, qu'il y aurait un droit universel de réprimer les manifestations extérieures des non-catholiques. Je n'envisage pas qu'on puisse sérieusement le penser !

Parce que vous, vous savez ce que DH veut enseigner !

A priori, ce qu'il a dit explicitement... Et aussi ce que le Magistère postérieur en répète.

En pays d'Islam, les catholiques n'ont aucun droit à une quelconque manifestation extérieure publique de leur religion. Appliquons donc la réciprocité et nous retombons exactement dans la doctrine catholique traditionnelle : aucun droit à une manifestation extérieure publique des fausses religions.

La réciprocité est une exigence : pour pouvoir jouir pleinement de l'usage de leur droit à la LR, il faut que les musulmans acceptent de respecter notre propre droit à la LR. En revanche, elle ne peut pas être prise comme une excuse de toutes les violations du droit à la LR : "ils le font eux aussi", ce n'est pas très chrétien comme justification.

Les seuls qui pensent que "sa doctrine est désormais couverte par l'infaillibilité du Magistère Ordinaire et Universel" sont les sédévacantistes

Je n'en suis pas si sûr (le frère Basile donne des contre-exemples dans la note 2020 p. 276 du résumé de sa thèse). D'autre part, le M.O.U. postérieur n'a-t-il pas repris cet enseignement ? Passons, cependant.

Enfin il n'y a pas non plus universalité dans le temps puisque cette nouvelle doctrine s'écarte de façon impressionnante de tout ce qu'avait enseigné l'Eglise auparavant.

Que ça s'éloigne, c'est vous qui le dites. Quant à l'universalité dans le temps, elle ne fait pas partie de la définition du M.O.U. ; en particulier, elle n'est jamais réalisée : nous ne saurons si l'enseignement est universel dans le temps qu'à la fin du monde ! Je crois que c'est Pie XII qui, au moment de définir le dogme de l'Assomption, avait écrit à tous les évêques pour savoir ce qu'ils en pensaient. Il écrit qu'en lisant leur réponse, il a constaté que le dogme en question était révélé, parce qu'il était couvert par l'infaillibilité du M.O.U. : pas d'universalité dans le temps dans cet épisode.

Quant au magistère authentique, celui-ci a explicitement décidé de ne pas faire usage de l'infaillibilité en déclarant cette nouvelle doctrine obligatoire. Elle n'est donc ni obligatoire, ni infaillible. On a donc le droit de la refuser

On se demande à quoi peut bien servir le Magistère authentique de votre point de vue ! La doctrine catholique est bien différente. Voici ce que rappelle le CEC (n°892), à la suite de Lumen Gentium :

À cet enseignement ordinaire [non infaillible] les fidèles doivent « donner l'assentiment religieux de leur esprit » qui, s'il se distingue de l'assentiment de la foi, le prolonge cependant.

En de nombreux passages très clairs, les papes depuis Paul VI ont toujours dit que DH, comme le reste du Concile d'ailleurs, n'était pas un enseignement facultatif, mais au contraire une norme certaine de pensée et d'action.