Autorité du magistère
jl d'André -  2008-11-20 21:30:13

Autorité du magistère


En disant cela, je suggérais une piste de réflexion, mais je ne sais pas encore où elle va : peut-être faut-il oublier cet argument.

Ben tiens ! Comme c'est facile ! Dès qu'un argument que vous avez employé peut être retourné contre vous, qu'il ruine votre thèse en confirmant celle de l'Eglise, vous proposez tout simplement qu'il soit abandonné ! Je pense au contraire qu'il faut l'approfondir.

En tout cas, on ne peut pas comprendre l'ordre public juste de DH comme exigeant que toutes les religions non-catholiques soient interdites de manifestations extérieures : cela est manifestement contraire à ce que DH veut enseigner.

Parce que vous, vous savez ce que DH veut enseigner ! N'êtes-vous pas en train de confondre la volonté de certains groupes de pression très actifs au concile (IDOC, Concilium) avec la volonté de l'Eglise qu'on ne peut connaître que par l'enseignement de son magistère infaillible !

Concernant les fausses religions, le Père Basile insiste beaucoup sur l'exigence de réciprocité dans l'ordre public juste (il semble en conséquence favorable à ce qu'on restreigne l'usage de la LR pour les musulmans)

Ah, excellent cela la réciprocité. Parlons-en ! En pays d'Islam, les catholiques n'ont aucun droit à une quelconque manifestation extérieure publique de leur religion. Appliquons donc la réciprocité et nous retombons exactement dans la doctrine catholique traditionnelle : aucun droit à une manifestation extérieure publique des fausses religions. En revanche il pourrait y avoir une certaine tolérance si des accords de réciprocité étaient conclu avec les pays musulmans. Je ne reviens pas sur vos définitions de l'ordre public juste : elles sont inacceptables, puisqu'elles passent sous silence le principal critère : la Vérité et donc le bienfait de la religion à laquelle on se propose d'accorder la liberté religieuse. Ainsi réduits à des critères purement naturalistes, votre ordre public juste ressemble à s'y méprendre à la tranquillité publique.

DH relève au-moins du Magistère authentique (plusieurs pensent toutefois que sa doctrine est désormais couverte par l'infaillibilité du Magistère Ordinaire et Universel).

Les seuls qui pensent que "sa doctrine est désormais couverte par l'infaillibilité du Magistère Ordinaire et Universel" sont les sédévacantistes, ce qui leur permet d'affirmer ensuite que le pape ne peut être pape, tant la contradiction entre DH et la doctrine catholique est évidente. Mais ils se trompent car le Concile ne relève pas du magistère ordinaire, mais du magistère extraordinaire. De plus, il n'y a pas universalité de lieu, puisque les évêques n'y sont pas dispersés par tout l'univers, mais au contraire rassemblés en Concile. Enfin il n'y a pas non plus universalité dans le temps puisque cette nouvelle doctrine s'écarte de façon impressionnante de tout ce qu'avait enseigné l'Eglise auparavant. Quant au magistère authentique, celui-ci a explicitement décidé de ne pas faire usage de l'infaillibilité en déclarant cette nouvelle doctrine obligatoire. Elle n'est donc ni obligatoire, ni infaillible. On a donc le droit de la refuser ou si on l'accepte, on se doit de l'interpréter à la lumière de l'enseignement infaillible antérieur. De plus, cette déclaration, contrairement à tous les décrets et constitutions du Concile ne se termine par aucune formule d'approbation pontificale, mais par un simple :

Rome, près Saint-Pierre, le 7 décembre 1965.

On a fait mieux comme magistère authentique.