Dans ce cas, d'une part DH n'apporte rien au Magistère antérieur mais au contraire réexprime le Magistère antérieur en termes plus ambigüs, et d'autre part le Magistère postérieur à Vatican II interprète mal DH, ce qui est un comble !
Là je ne vois pas pourquoi ! DH apporte de nouvelles choses au Magistère antérieur, mais sans le contredire pour autant : DH n'est pas une simple reformulation. Quant au Magistère postérieur, il est l'interprète authentique de DH : il sait mieux que nous ce qu'il a voulu dire il y a 42 ans. Le fond du problème est le suivant : certes, les justes limites relèvent de la Loi naturelle. Cependant, tout ce qui viole la loi naturelle n'outrepasse pas les limites du droit à la LR : c'est le mérite de DH d'avoir précisé les principes qui gouvernent ces "justes limites", en explicitant les éléments de la loi naturelle qui forment ensemble l'ordre public juste (sans toutefois rentrer dans les détails concrets, qui peuvent dépendre des circonstances). En revanche, ce que pratique l'Église tous les jours est soumis au principe de réalisme rappelé par Léon XIII : il est parfois nécessaire de tolérer des maux, en particulier des abus de la LR qui outrepassent les justes limites, en raison des circonstances concrètes imparfaites de nos sociétés.