Le droit naturel découle directement du droit divin éternel car l'homme porte en lui la règle de vie voulue par son créateur, et qui fait sa condition d'homme. Sans celui-ci l'homme ne serait plus homme. Ce droit est antérieur à toute loi positive, coutume, jurisprudence, opinions doctrinales, lois humaines, civiles, etc. Ce droit est immuable et ne peut souffrir aucune dispense puisque l'auteur en est Dieu. C'est pourquoi j'affirme que : "Un droit naturel fondé sur la dignité humaine ne peut jamais être restreint par de justes limites ou un ordre public juste."
Un droit naturel est toujours limité, et ces limites font elles-mêmes partie de la Loi naturelle : il n'y a pas de contradiction entre le fait que le droit à la LR soit un droit naturel, et le fait qu'il soit limité par l'ordre public juste. Remarquons d'ailleurs que quand les circonstances obligent à limiter l'usage du droit à la LR, ce n'est pas le droit lui-même qui est interdit, mais seulement certains usages du droit, afin de protéger l'ordre public juste.On en revient donc toujours à la même question. Qu'est-ce que les justes limites de DH ? S'il s'agit : - dans une société catholique, de l'ordre moral catholique (évidemment lui-même conforme à l'ordre moral naturel) - dans une société a-catholique, de l'ordre moral naturel alors c'est cohérent.
L'ordre public juste, ou "justes limites", sont explicitement définies dans DH 7 :En outre, comme la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse, c'est surtout au pouvoir civil qu'il revient d'assurer cette protection; ce qui ne doit pas se faire arbitrairement et à l'injuste faveur d'un parti mais selon des normes juridiques, conformes à l'ordre moral objectif, requises par l'efficace sauvegarde des droits de tous les citoyens et de leur pacifique accord, et par un souci adéquat de cette authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d'une vraie justice, ainsi que par le maintien, qui se doit, de la moralité publique. Tout cela fait fondamentalement partie du bien commun et entre dans la définition de l'ordre public.
Tout cela constitue l'ordre public de la loi naturelle : c'est cet ordre public naturel qui limite le droit naturel à la LR. Cependant DH ne rentre pas plus avant dans la description concrète de ces justes limites : c'est sans doute un domaine où le Magistère devra donner des précisions ultérieures. En particulier, on peut développer dans le sens suivant : dans cet ordre public juste rentre le devoir de favoriser la vraie religion que Dieu peut décider de révéler (et de fait il l'a fait !). Cela entraînera le devoir des sociétés de favoriser le catholicisme - mais bien sûr pour que ce devoir soit applicable, les sociétés doivent commencer par se convertir. D'autres papes ont développés ces aspects, mais DH n'en parle pas, parce que ce n'est pas son sujet : favoriser le catholicisme, cela ne doit pas se prendre de manière négative comme un devoir de restreindre la LR des non-catholiques, à moins que ceux-ci ne violent par ailleurs un des éléments de l'ordre public juste cités explicitement dans DH. Cependant la phrase "authentique paix publique qui consiste dans une vie vécue en commun sur la base d'une vraie justice", par son insistance sur la "vraie justice", fait sans doute une référence implicite à ce que des papes comme Pie XI ont dit sur le sujet (Quas Primas ?).