La règle et l'exception
jl d'André -  2008-11-17 16:14:31

La règle et l'exception

Il est bien évident que lorsqu'on dit qu'il faut tout réprimer, on ne nie pas les exceptions imposées au pouvoir par la nécessité du bien commun. Mais ces exceptions ne constituent pas des droits mais des tolérances qui ne modifient en rien la règle générale. Certes, cette doctrine est difficile à comprendre quand on vit en France, dans un pays divisé de croyances où, après plus de deux siècles de laïcisme, on a du mal à voir ce que pourrait être, ce que devrait être une société chrétienne. Mais on n'a pas le droit d'ériger un cas particulier comme celui de la France actuelle en généralité, ni de faire un droit de ce qui doit rester une tolérance même si les circonstances font de cette tolérance le cas le plus général. En France, si un chef d'État vraiment catholique arrivait fortuitement au pouvoir aujourd'hui, il appliquerait exactement la même politique (du moins au début) en étant fidèle à la doctrine constante de l'Eglise pendant 20 siècles que s'il appliquait Dignitatis Humanae, car l'exception y serait, et de loin, le cas le plus fréquent. Pour comprendre la différence entre la doctrine catholique et celle de Dignitatis Humanae, il faut imaginer un État catholique pacifié. Un cas où la répression des manifestations extérieures publiques des fausses religions n'est en rien susceptible de causer du trouble à l'ordre public, mais où leur tolérance ne cause, non plus, aucun trouble à l'ordre public. Que peut faire, que doit faire l'État catholique dans ce cas-là ? Pie IX répond avec toute la tradition catholique qu'il a le devoir de réprimer et DH, tout au contraire, qu'il n'en a même pas le droit ! Bref, DH fait la règle de ce qui dans la doctrine catholique était l'exception et fait une exception de ce qui devrait être la règle. Et Dominique Bontemmps prétend échapper à la condamnation infaillible du bienheureux Pie IX en changeant la dénomination de l'exception. La seule concession faite à la doctrine traditionnelle ne s'appellera plus défense de la tranquillité publique, mais de l'ordre publique juste. Et on prétend ainsi échapper à la condamnation de Pie IX puisqu'il ne parle que de tranquillité publique alors qu'on garde le même principe de refus du devoir de répression de l'État en ayant seulement changé la dénomination de l'exception concédée. Enfin j'ignore quelle était la religion de la femme de Pilate. Je suppose qu'elle devait être païenne. Mais je ne vois pas ce que cela vient faire dans le sujet : l'État n'étant pas catholique, la question de la répression des manifestations extérieures publiques des fausses religions ne se pose même pas.