La phrase dont il tire ce arbitrium hominis est la suivante : (...) Par quel miracle d’exégèse, le Père Basile peut-il placer « l’ensemble du texte » dans le contexte de cet « arbitrium » qui manifestement se rapporte uniquement à l’immutabilité de la vérité !
Il ne faut pas comprendre cette phrase du frère Basile comme s'il disait que l'"arbitrium hominis" s'appliquait grammaticalement à l'ensemble du passage. En revanche, Léon XIII lui-même parle d'une liberté spécifiée par l'arbitraire, en utilisant des termes équivalents : le texte condamne la liberté de penser et d'imprimer "n’importe quoi, sans aucune modération".Et d’où sort donc ce « a fortiori posées de bonne foi », distinction que je ne trouve pas dans le texte original ?
Cette phrase-là n'est pas de la simple exégèse, mais un raisonnement immédiat sur les conséquences du texte. Voici comment vous pouvez lire ce raisonnement : le texte condamne la liberté de penser et d'imprimer "n’importe quoi, sans aucune modération". Exégèse : "Autrement dit, une liberté non basée sur l’arbitraire n’est pas condamnée." Déduction immédiate : "La licence en question est donc formellement différente de la permission négative d’actions erronées (a fortiori posées de bonne foi)."Il est bien évident qu'on pourra tolérer, en vue du bien commun. Mais affirmer que le texte laisse la place à une permission négative d'actions erronées, c'est en trahir le sens obvie.
Une permission négative, ce n'est rien d'autre que la tolérance instituée dans la loi ! Le texte ne condamne pas la tolérance faite avec de justes raisons, et il ne condamne pas non plus une permission négative justement limitée, accordée en raison d'un plus grand bien. Ce passage de Léon XIII ne traite d'ailleurs aucunement de la tolérance ou la permisson négative, ni de leur objet ni de leurs limites : il se contente de condamner la liberté de penser et d'imprimer "n’importe quoi, sans aucune modération".