Sic illa quidlibet sentiendi litterarumque formis quidlibet exprimendi facultas, omni moderatione posthabita, non quoddam est propria vi sua bonum, quo societas humana jure lætetur: sed multorum malorum fons et origo. Libertas, ut quæ virtus est hominem perficiens, debet in eo quod verum sit, quodque bonum, versari: boni autem verique ratio mutari ad hominis arbitrium non potest, sed manet semper eadem, neque minus est quam ipsa rerum natura, incommutabilis. Si mens adsentiatur opinionibus falsis, si malum voluntas adsumat et ad id se applicet, perfectionem sui neutra consequitur, sed excidunt dignitate naturali et in corruptum ambæ delabuntur. Quæcumque sunt igitur virtuti veritatique contraria, ea in luce atque in oculis hominum ponere non est æquum; gratia tutelave legum defendere, multo minus. Sola bene acta vita via est in cælum, quo tendimus universi: ob eamque rem aberrat civitas a regula et præscriptione naturæ, si licentiam opinionum praveque factorum in tantum lascivire sinat, in impune liceat mentes a veritate, animos a virtute deducere. Ecclesiam vero, quam Deus ipse constituit ah actione vitæ excludere, a legibus, ab institutione adolescentium, a societate domestica, magnus et perniciosus est error.
Remarque annexe : la traduction française que j’avais produite est celle… du site du Vatican ! Néanmoins, je conviens avec le Père Basile que « quidlibet » est mal rendu dans la traduction proposée par le site du Vatican, et mieux rendu dans la traduction du Père Basile. Mais voilà que la vieille habitude du Père Basile le reprend :On remarquera que l’ensemble du texte doit être lu dans le contexte de l’arbitrium hominis. Autrement dit, une liberté non basée sur l’arbitraire n’est pas condamnée. La licence en question est donc formellement différente de la permission négative d’actions erronées (a fortiori posées de bonne foi).
La phrase dont il tire ce arbitrium hominis est la suivante : « boni autem verique ratio mutari ad hominis arbitrium non potest, sed manet semper eadem, neque minus est quam ipsa rerum natura, incommutabilis. », ce qu’on a traduit par « l'essence du bien et de la vérité ne peut changer au gré de l'homme, mais elle demeure toujours la même, et non moins que la nature des choses elle est immuable ». Par quel miracle d’exégèse, le Père Basile peut-il placer « l’ensemble du texte » dans le contexte de cet « arbitrium » qui manifestement se rapporte uniquement à l’immutabilité de la vérité ! Et d’où sort donc ce « a fortiori posées de bonne foi », distinction que je ne trouve pas dans le texte original ? L’exégèse de la pétition de principe ? La condamnation est :Quæcumque sunt igitur virtuti veritatique contraria, ea in luce atque in oculis hominum ponere non est æquum; gratia tutelave legum defendere, multo minus.
Quaecumque ! Quel que soit ce qui est contraire à la vertu et à la vérité ! Aequum : traduire par « avantageux » comme le fait le Père Basile est réducteur. Le sens premier (Gaffiot) de ce mot, et le plus approprié compte-tenu du fait qu’on est en train de parler de justice et de droit, c’est « équité », cette équité se rapportant à la vertu de Justice. Il n’est pas ‘juste’ de protéger par la loi quelle contradiction à la vertu et à la vérité que ce soit. Il est bien évident qu'on pourra tolérer, en vue du bien commun. Mais affirmer que le texte laisse la place à une permission négative d'actions erronées, c'est en trahir le sens obvie. Quaecumque ! Cordialement Meneau.