si j'achète une voiture, j'achète une voiture qui nécessairement me permet de dépasser la limitation de vitesse.
Elle vous le permet. Mais rien ne vous y force, et en aucune façon cela ne vous en donne le droit. Et au même titre que vous n'en avez pas le droit, on se chargera de vous en empêcher si vous "prenez le gauche"... Le fait que l'état soit en la matière un voleur, je peux vous l'accorder. Ce n'est pas pour autant que cela rend invalide les lois. Le cas du Président de la République est, je l'avoue, intéressant. A première vue, on pourrait penser qu'il s'agit d'un cas où 1- il n'a pas plus le droit qu'un autre de commettre un délit 2- il a le droit de ne pas en être empêché. Cela constitue donc a priori une objection intéressante. Toutefois, lorsqu'on approfondit un peu, on se rend compte que l'objection tombe. C'est le point 2 qui ne tient pas. Il ne s'agit pas d'un droit qu'a le Président. C'est uniquement une question de juridiction. En fait, personne (hors la Haute Cours de Justice en cas de trahison) n'a juridiction pour juger ses actes. Il n'a donc pas le droit de ne pas être empêché de commettre un délit, c'est juste que personne n'a autorité pour l'en punir (et encore, selon les interprétations qu'on fait de l'article 68 de la constitution, il peut éventuellement redevenir pénalement responsable de ses actes après son mandat). Le fait que personne ne puisse le juger ne lui constitue pas pour autant un droit, mais simplement une immunité pénale "de fait". Cordialement Meneau