De 1801 à 1965, l'Eglise catholique a pratiqué Dignitatis humanae mais en proclamant Quanta cura et le Syllabus. Le changement est-il, dès lors, si important ?
Oui, parce que, tout en se montrant reconnaissante à l'égard des pouvoirs politiques, l'Église n'abandonnait jamais les principes, même dans la rédaction des concordats qu'Elle passait avec eux. En témoigne la réponse bien connue de Mgr Pie à Napoléon III :Je m’empresse de rendre justice aux religieuses dispositions de Votre Majesté et je sais reconnaître, Sire, les services qu’elle a rendus à Rome et à l’Eglise, particulièrement dans les premières années de son gouvernement. Peut-être la Restauration n’a-t-elle pas fait plus que vous ? Mais laissez-moi ajouter que ni la Restauration, ni vous, n’avez fait pour Dieu ce qu’il fallait faire, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez relevé son trône, parce que ni l’un ni l’autre vous n’avez renié les principes de la Révolution dont vous combattez cependant les conséquences pratiques, parce que l’évangile social dont s’inspire l’Etat est encore la déclaration des droits de l’homme, laquelle n’est autre chose, Sire, que la négation formelle des droits de Dieu.
Pour l'honneur de l'Église et de la vraie religion, cessons une fois pour toutes d'imaginer qu'Elle soit capable de mensonge, d'erreur ou de contradiction dans son enseignement. Reste qu'Elle n'entend pas non plus décider à la place des gouvernements :Sire, quand les grands politiques comme Votre Majesté m’objectent que le moment n’est pas venu, je n’ai qu’à m’incliner parce que je ne suis pas un grand politique. Mais je suis évêque, et comme évêque je leur réponds : « Le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner, eh bien ! alors le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer ».
Ce qui est le bon sens même, puisque Jésus a dit : « sans Moi, vous ne pouvez rien faire »... V.