Et maintenant vous m'expliquez que « Ce qui est essentiel ici, c'est que la définition d'un droit positif inclut l'approbation positive des actes visés par le droit. » L'encouragement de l'Etat a disparu.
Non, pas du tout ! je ne le nie pas, au contraire. Laissez tomber le mot "encouragement" s'il vous empêche de comprendre ma pensée. Un peu plus loin j'expliquais que l'approbation peut se manifester de différentes manières.Rappel : L'argument qu'Antonio Thomas vous avait opposé est le suivant : « L'approbation n'est pas incluse dans la permission : en droit civil cela ne voudrait rien dire. L'autorisation est parfois accompagnée d'une approbation et cette approbation est une deuxième réalité (qui, si elle est juridique, se traduira par des dispositions légales en plus de l'autorisation). »
On ne doit pas comprendre la permission et l'approbation comme deux réalités étrangères : l'approbation précise le sens du droit, influe sur la manière qu'a l'État de protéger le droit en question, et sur la présence éventuelle d'un droit du sujet d'exiger de l'assistance en vue de l'obtention du bien visé par le droit. Tout cela ensemble forme une même réalité : un droit positif. Tous les jours nous sommes cotoyés à cette réalité : nous ne disposons pas seulement de droits-libertés (droits négatifs : on vous laisse faire), mais aussi de droits positifs. Prenons l'exemple de mon droit de propriété sur ma voiture : si vous me l'empruntez, vous n'aurez pas seulement le devoir de me laisser venir la chercher chez vous, mais vous aurez aussi le devoir moral (voire légal) de me la ramener chez moi.Par ailleurs, vous sortez mon argument de son contexte : si A inclut B comme le tout inclut la partie, etc...
Certes, mais j'assume, car je l'ai fait avec beaucoup d'honnêteté envers vous : vous affirmez là un principe général qui me surprend, et que je vous demande de préciser. Pour cela je tire une autre application de votre principe général, dans un domaine dépassionné, en vous demandant de me dire pourquoi votre principe général ne s'applique pas. Peut-être votre principe est-il à usage exclusif du droit négatif et du droit positif, mais je n'ai pas vu cette précision dans sa formulation.dans votre exemple, la voiture est dangereuse à cause d'une de ses parties défaillantes, elle n'est pas dangereuse en elle-même.
Cet argument a pour lui l'effet de surprise, mais il ne me satisfait pas entièrement. Vous pouvez toujours préciser votre pensée pour me permettre de vous comprendre, si vous le désirez. Mais on peut aussi en rester au : « Bref, peu importe. »Si je reconnais à l'autre le droit d'agir, alors j'ai le devoir de ne pas l'empêcher d'agir.
La formule "droit d'agir" est équivoque du point de vue qui nous intéresse ici : - Si vous lui reconnaissez seulement un droit négatif, il n'y a rien de plus. J'ai utilisé la formule redondante "droit négatif de ne pas être empêché d'agir" pour bien faire comprendre ce qui est signifié par "droit négatif" : est-ce cela qui vous a empêché de me comprendre mes explications ? - En revanche, si vous lui reconnaissez seulement un droit positif d'agir, qui inclut une approbation positive de ces actes, il y a quelque chose de plus : les autorités/personnes compétentes doivent moralement favoriser l'exercice de ce droit, parfois même le sujet du droit pourra l'exiger en justice.PS : juste pour jouer, quelques exemples de droits positifs sur lesquels j'ai du mal à trouver approbation dans les faits ou dans d'autres lois.
Le côté positif, ou approbation, du droit à une vie décente, est justement visible dans l'obligation des enfants d'y subvenir. De même dans le mariage : l'approbation positive du droit à la fidélité réside dans l'affirmation du devoir de fidélité - mais l'État sur ce point s'éloigne de plus en plus de la loi naturelle, et tend à faire disparaître le droit à la fidélité.l'article 343 prévoit que deux époux remplissant certaines conditions ont le droit d'adopter. Vous connaissez le parcours du combattant des gens qui veulent adopter et les dérives que cela induit ? Là encore j'ai encore du mal à trouver approbation.
Justement, pour vous cet article de loi signifie-t-il : « vous pouvez adopter si ça vous plaît, à certaines conditions ; on ne vous en empêche pas », ou bien affirme-t-il un droit positif à l'adoption, qui inclut une approbation ?