Vous voulez le croire...
Griffon -  2008-11-11 08:35:00

Vous voulez le croire...

... et bien sûr, c'est possible en ce qui vous concerne, cher Meneau. Mettons donc les choses au point. Le problème de DH n’est pas fondamental pour la foi catholique. Notre vie de tous les jours n’est pas tant concernée que certains veulent le faire croire. Toutefois, je peux comprendre que certains soient troublés par le texte et l’apparente contradiction. D’où vient ce trouble ? 1) Le trouble peut provenir de ma raison En chrétien averti, je lis les documents du magistère. Je connaissais QC, et voilà que je lis DH. La contradiction me saute aux yeux. Il y a plusieurs réactions saines et catholiques : - Je préviens qui de droit de mon trouble. Le but est que cela remonte au magistère. - Je n’érige pas ma pensée en idole. Elle peut se tromper. - Je prie Dieu de m’envoyer sa sagesse, confiant qu’Il ne peut pas laisser son enfant bien-aimé dans le trouble. - J’accepte cette épreuve en louant Dieu. - Quand une occasion se présente de trouver une solution, je me précipite avec un cœur ouvert et favorable à une solution. 2) Le trouble peut avoir été semé par un autre cœur troublé « On a attiré mon attention, et on m’a démontré les contradictions. » Celui qui a semé le trouble a mal agi. Le cœur humain est ainsi fait que l’âme touchée cherche à atteindre d’autres âmes. C’est une cause importante de perversion chez les enfants. Les parents avertis en sont conscients. Il est alors sain de reconnaître que l’origine du trouble est extérieur, et qu’il est sain de le rejeter. 3) Le trouble peut provenir de mon propre cœur Je n’apprécie pas ce qui se passe actuellement dans l’Eglise : cela ne me semble pas « très catholique ». Je cherche à justifier mon sentiment. Tout ce qui peut apporter de l’eau à mon moulin devient précieux à mes yeux et je le brandis bien fort pour expliquer combien j’ai raison. Mais dans l’Eglise, on sait qui sont les bergers et qui sont les brebis. Les brebis qui veulent jouer au berger sont comme des loups pour leurs compagnes.
Vous nous dites :

Le problème est que l'esprit humain est ainsi fait qu'il ne peut admettre une chose et son contraire comme vraies toutes les deux en même temps et sous le même rapport. […] il lui est nécessaire de chercher la conciliation […] sinon il n'adhère pas.

Donc, vous vous précipitez sur le livre du père Basile, car enfin ! votre esprit pourrait trouver le repos. Ou sinon, c’est que vous ne me parlez pas en vérité, mais seulement en répétant une leçon. Par contre,... soyez en certain, écouter son âme n’a rien à voir avec écouter sa raison. L’Esprit de Dieu parle à notre âme qui se manifeste à notre moi. Pour l’entendre, cela suppose de faire le silence en soi, d’écouter avec le cœur. Découvrir notre âme et lui laisser une place dans notre vie est beaucoup plus nécessaire que de trouver une solution à ces soi-disant contradictions. Notre âme a un accès direct à son Créateur ; notre raison reste très humaine, surtout si elle n'est pas animée par une âme qu'on a soignée, purifiée, creusée et qu'on a laissé se déployer dans notre coeur. Voilà une des plus grandes sources de joie de la vie chrétienne. Cordialement, Griffon.