N.M. est beaucoup plus érudit que moi sur la question ...
Ion - 2008-11-10 15:57:00
N.M. est beaucoup plus érudit que moi sur la question ...
... et mes contributions n’ont jamais prétendu lui répondre dans le détail.
Nous avons effectivement débattu plusieurs fois sur la fameuse affirmation de Montalembert, condamnée par QC.
Ma position est très simple, je la résume comme suit :
- QC est antérieur à DH, donc il lui manque l’éclairage de DH et de tout le Magistère depuis.
- Une illustration de cette déficience de QC est que cette encyclique n’a pas été capable (sinon elle l’aurait fait) de dire quel était le meilleur régime de société, se contentant de dire que l’un de ces régimes (celui dans lequel on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique …) n’était pas le meilleur.
- Or, ne pas être le meilleur n’est pas forcément être mauvais, et peut même être bon
- En effet, le développement doctrinal sur la liberté religieuse, au moment de QC, n’en était qu’à ses débuts, et pourtant QC se devait de stopper certaines dérives difficilement maîtrisables.
- Ces développements doctrinaux ont eu lieu depuis, notamment au travers de l’enseignement de DH et des confirmations et approfondissements de l’Eglise sur ces sujets depuis Vatican II
Bref, je trouve que c’est un peu perdre son temps (et d'ailleurs parfaitement inutile) que d’essayer à tous prix de faire coller DH à QC ... ou même l’inverse. Surtout s'il faut 6 volumes bien serrés.
QC est incomplet, laissons-le de côté (sauf pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de la théologie), et arrêtons de nous torturer l’esprit, il y a bien mieux à faire aujourd’dhui.
Plus généralement, il est symptomatique que dans sa grande prudence, l’Eglise, au lieu d'affirmer positivement une doctrine, ait souvent procédé par affirmations négatives sur des points très particuliers ou par des anathèmes là aussi bien spécifiques, et ce, tant que l’éclairage sur tel ou tel point de doctrine restait insuffisant. C’est effectivement moins "risqué", mais c’est parfois nécessaire pour éviter un plus grand mal. L’affirmation de Montalembert condamnée dans QC en est, pour moi, un excellent exemple.
Ion